Le Français Jimmy Gressier, champion du monde du 10 000 mètres et champion d’Europe du 5 km, a révélé ce vendredi les résultats d’un test VMA révélant des capacités cardio-respiratoires hors norme. Selon RMC Sport, l’athlète de 28 ans a enregistré une vitesse maximale aérobie (VMA) de 25 km/h lors d’un effort de six minutes, un résultat qui le place parmi l’élite mondiale de l’athlétisme.

Ce qu'il faut retenir

  • Jimmy Gressier, champion du monde du 10 000 m et d’Europe du 5 km, a affiché une VMA de 25 km/h lors d’un test réalisé en préparation hivernale.
  • Cette performance dépasse celle attribuée à Eliud Kipchoge (24,3 km/h), légende du marathon, selon un modèle prédictif du CNRS et du MIT.
  • La VMA mesure la capacité à consommer et utiliser l’oxygène ainsi que l’efficacité gestuelle à haute intensité, un indicateur clé pour les entraîneurs.
  • Gressier a déclaré pouvoir courir à 18 km/h « en footing », c’est-à-dire en parlant, en chantant ou en téléphonant, une allure qu’il maintient sur de longues distances.
  • Le test a été dévoilé dans le cadre d’un documentaire diffusé sur CANAL+.

La VMA, ou Vitesse Maximale Aérobie, est un indicateur essentiel en athlétisme. Elle reflète la capacité d’un coureur à soutenir un effort intense en optimisant son apport en oxygène et sa foulée. Pour les spécialistes, elle permet de calibrer les entraînements et d’évaluer le potentiel d’un athlète. Selon RMC Sport, les résultats obtenus par Gressier lors de ce test confirment son statut de phénomène physiologique.

« Aujourd’hui, on sait (grâce au test VMA) que lorsque je cours 1 km en trois minutes et vingt secondes, physiologiquement, je suis en footing », a expliqué Gressier lors de l’interview accordée à CANAL+. Il a ajouté : « C’est-à-dire que je peux courir longtemps à une allure de footing à 18 km/h, en te parlant, en chantant, en étant au téléphone… » Ces propos soulignent l’exceptionnelle endurance de l’athlète, capable de maintenir des allures élevées sans effort apparent.

Pour situer ces chiffres dans leur contexte, il faut rappeler que la VMA de Gressier (25 km/h) équivaut à la vitesse maximale d’un vélo électrique. À titre de comparaison, le record du monde du 1 500 mètres, détenu par le Norvégien Jakob Ingebrigtsen en 3 min 27 s, correspond à une allure moyenne de 26,4 km/h. Autant dire que Gressier, en maintenant 18 km/h « en footing », évolue à un niveau proche des meilleurs spécialistes du demi-fond.

Eliud Kipchoge, considéré comme l’un des plus grands marathoniens de l’histoire, n’a jamais rendu publics ses résultats officiels en VMA. Un modèle prédictif développé par des scientifiques du CNRS et du MIT l’estimerait cependant aux alentours de 24,3 km/h. La performance de Gressier le place donc 0,7 km/h au-dessus de celle attribuée au Kényan, pourtant invaincu depuis plus d’une décennie.

Un outil devenu incontournable pour les entraîneurs

La VMA s’est imposée ces dernières années comme un repère central dans la préparation des athlètes. Plus accessible que les tests en laboratoire, elle permet aux entraîneurs d’ajuster les allures d’entraînement et de suivre la progression des coureurs. « La VMA combine deux éléments : la consommation maximale d’oxygène (VO₂ max) et l’efficacité mécanique », précise un spécialiste de l’athlétisme cité par RMC Sport. « C’est un indicateur global qui donne une vision claire du potentiel d’un athlète. »

Pour Gressier, ces résultats viennent confirmer son statut de prodige. Champion du monde du 10 000 mètres à Tokyo en septembre 2025, il avait déjà marqué les esprits par sa régularité et sa capacité à enchaîner les courses à haute intensité. Son record personnel sur 5 000 mètres (12 min 47 s), établi en 2024, en faisait l’un des favoris pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.

Le test VMA réalisé cet hiver s’inscrit dans une préparation méthodique en vue des prochaines échéances. « Ces données nous permettent d’affiner nos stratégies d’entraînement », a indiqué son entraîneur, qui a souhaité rester anonyme. « Avec une VMA aussi élevée, les possibilités sont immenses. Il faudra maintenant travailler sur la gestion de l’effort pour exploiter pleinement ce potentiel. »

Une performance qui interroge l’avenir de l’athlétisme

Les performances de Gressier posent une question : jusqu’où peut-on repousser les limites physiologiques de l’être humain ? Si la VMA de 25 km/h est exceptionnelle, elle reste en deçà du record du monde détenu par le Français Christophe Bassons, avec 26 km/h dans les années 1990. Cependant, les méthodes d’entraînement et les outils de mesure ont considérablement évolué depuis, rendant les comparaisons délicates.

« On observe une progression constante des performances depuis les années 2000, notamment grâce à l’amélioration des méthodes de récupération et à la personnalisation des entraînements », explique un chercheur en physiologie du sport. « Mais atteindre 25 km/h en VMA reste un exploit rare. Cela place Gressier dans une catégorie à part. »

Reste à savoir comment il exploitera cette VMA lors des prochaines compétitions. Son objectif affiché est de remporter l’or olympique en 2028, mais les défis sont nombreux. La concurrence, notamment africaine, reste féroce, et la gestion des courses tactiques pourrait s’avérer cruciale.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour Jimmy Gressier. Après avoir validé son statut de favori, il devra confirmer ses ambitions lors des Championnats d’Europe en août 2026, puis se préparer pour les Jeux Olympiques de Los Angeles. Son entraîneur a indiqué qu’un nouveau test VMA serait programmé d’ici la fin de l’année pour évaluer sa progression. Si ses résultats actuels laissent présager de grandes choses, la route vers le titre olympique reste semée d’embûches.

Une chose est sûre : avec une VMA de 25 km/h, Jimmy Gressier a d’ores et déjà marqué l’histoire de l’athlétisme. La question n’est plus de savoir s’il peut battre des records, mais quand il le fera. Reste à voir comment les instances dirigeantes de l’athlétisme s’empareront de cette performance pour en faire un symbole de l’excellence française.

La VMA, ou Vitesse Maximale Aérobie, mesure la capacité d’un athlète à maintenir un effort intense en optimisant son apport en oxygène et son efficacité gestuelle. C’est un indicateur clé pour les entraîneurs, car il permet de calibrer les entraînements et d’évaluer le potentiel d’un coureur. Plus la VMA est élevée, plus l’athlète peut soutenir des allures rapides sur de longues distances.

Non, le record du monde de VMA reste détenu par Christophe Bassons avec 26 km/h, établi dans les années 1990. Cependant, Gressier détient l’une des VMA les plus élevées jamais enregistrées en conditions réelles, dépassant les estimations attribuées à des légendes comme Eliud Kipchoge (24,3 km/h).