Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a annoncé ce mercredi 27 mai 2026 sur son compte X son intention de déposer plainte contre le rappeur Soli pour « menaces de mort explicites » contenues dans un clip vidéo diffusé mardi soir sur YouTube. « La violence politique doit cesser. Nous ne laisserons plus rien passer », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que l’artiste, qu’il qualifie de « “artiste” en manque de notoriété et de talent », serait poursuivi pour ses propos. Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN à l’Assemblée nationale, a relayé ce message sur la même plateforme sociale.

Ce qu'il faut retenir

  • Jordan Bardella annonce vouloir déposer plainte contre le rappeur Soli pour menaces de mort explicites, selon Le Figaro.
  • Le clip « Un facho K.O. », publié mardi, met en scène l’agression de Bardella, Marine Le Pen et Éric Zemmour, incarnés par des individus masqués.
  • Le rappeur, peu connu du grand public, cumule moins de 1 500 vues en fin de journée mercredi.
  • Le RN dénonce une « violence politique » et rappelle que le contexte est marqué par des tensions croissantes autour des violences idéologiques.

Un clip violent et des paroles explicites

Le clip du rappeur Soli, intitulé « Un facho K.O. », montre trois avatars politiques — ceux de Jordan Bardella, Marine Le Pen et Éric Zemmour — subissant une agression physique filmée. Les personnages sont d’abord roués de coups, puis ligotés, tandis que des jeunes hommes dansent autour d’eux en brandissant un drapeau français. Dans la séquence dédiée à Bardella, son personnage est allongé sur un terrain de football et reçoit un coup de pied dans la tête, exécuté avec élan. Quant à Marine Le Pen, son avatar est filmé dans un parking souterrain où le mot « FACHO » est écrit sur son front. Éric Zemmour, lui, est attaché à un lampadaire.

Le refrain du morceau reprend ces images : « Coup d’pied, coup d’pied dans la tête d’un facho, quelle bonne saveur. Un bon raciste c’est un raciste blotti dans son cercueil ». Le titre cumule un peu plus de 1 000 vues en fin de journée mercredi, selon les chiffres communiqués par Le Figaro.

Des paroles ciblant les électeurs d’extrême droite

Au-delà des images, les paroles de la chanson visent directement les électeurs du Rassemblement national et de Reconquête !. Soli chante : « Dire qu’il y a un temps, être raciste, c’était la honte / Maintenant, ça vote Bardella, donc maintenant ça vote pour un con / Mes pauvres qui votent RN, car soi-disant la vie est trop chère / Ils vont l’élire puis pleurer car ils ne sont pas milliardaires ». Il critique également leur discours médiatique : « Ils font les chauds sur internet, alors qu’ils votent car ils ont peur, ils tiennent toujours le même discours à la télé ».

Dans la description du clip, l’artiste, basé entre Rennes et Marseille, exhorte à « réapproprions-nous ce drapeau, ne le laissons pas au facho », tout en clamant : « Vive la France, celle qui prône la liberté, égalité, fraternité ». Soli, dont les premiers enregistrements remontent à 2022, revendique environ 2 000 abonnés sur YouTube et 2 000 auditeurs mensuels sur Spotify. Il avait annoncé quelques jours plus tôt sur Instagram son intention de « mettre K.O. les FAF » (les militants d’extrême droite), précisant vouloir « K.O. les facho » dans son prochain single.

Un contexte politique et social tendu

Cette polémique intervient dans un climat déjà marqué par des tensions politiques et sociales. En février 2026, la mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, avait suscité une vive émotion. Battu violemment au sol par plusieurs membres de l’ultragauche à Lyon, il était décédé deux jours plus tard à l’hôpital. Cet événement avait relancé le débat sur la montée des violences politiques en France, alimentant les craintes d’une radicalisation accrue des deux côtés de l’échiquier politique.

Le Rassemblement national, par la voix de Bardella, a saisi cette occasion pour dénoncer la montée de la violence politique. « Nous ne laisserons plus rien passer » a-t-il martelé, insistant sur le caractère inacceptable de telles provocations, qu’elles émanent de l’extrême gauche ou de l’extrême droite. Marine Le Pen a également relayé ce message, soulignant l’urgence de mettre un terme à ces dérives.

Quelles suites judiciaires ?

Jordan Bardella n’a pas précisé la date à laquelle la plainte serait déposée, mais il a indiqué que les poursuites seraient engagées pour « menaces de mort explicites ». Le rappeur Soli, de son côté, n’a pas encore réagi publiquement à cette annonce. Selon les informations de Le Figaro, aucune déclaration officielle n’a été transmise par ses avocats ou son entourage à ce stade.

La procédure judiciaire pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant d’aboutir à une décision. En attendant, le clip reste accessible sur YouTube, bien que son audience reste limitée. Le site précise que la vidéo avait accumulé moins de 1 500 vues en fin de journée mercredi, ce qui pourrait indiquer une diffusion encore confidentielle pour l’instant.

Et maintenant ?

Si le dépôt de plainte est confirmé, l’affaire pourrait être examinée par le parquet de Paris, compétent pour les infractions commises en ligne. Une enquête préliminaire pourrait être ouverte pour déterminer si les propos du rappeur constituent une infraction pénale au regard de la loi française, notamment l’article 222-17 du Code pénal qui sanctionne les menaces de mort. La décision de poursuivre ou non dépendra des éléments retenus par le parquet. Par ailleurs, cette affaire pourrait alimenter le débat public sur la liberté d’expression et les limites de la provocation artistique, surtout dans un contexte politique déjà très polarisé.

Cette nouvelle polémique illustre, une fois encore, la radicalisation des discours et des postures politiques en France. Entre dénonciations croisées de violences et revendications de liberté artistique, le débat risque de s’envenimer dans les semaines à venir. À suivre, notamment après le dépôt effectif de la plainte et les éventuelles réactions du monde culturel et politique.

Selon les éléments rapportés par Le Figaro, Bardella a choisi de réagir spécifiquement à ce clip en raison des « menaces de mort explicites » contenues dans les paroles et les images. Le RN a indiqué que la violence politique devait cesser et que « plus rien ne serait laissé passer », suggérant une volonté de marquer une ligne rouge face à ce type de provocations.