« La liberté d'informer et d'être informé est essentielle à l'exercice de la démocratie », a rappelé la diplomatie française, soulignant que la libération des journalistes détenus arbitrairement reste un « impératif ». Selon Euronews FR, cette déclaration intervient à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce dimanche 3 mai, où l'ONU alerte sur les dangers qui pèsent sur les journalistes : censure, harcèlement judiciaire, violences, et meurtres.

Ce qu'il faut retenir

  • 14 journalistes ont perdu la vie depuis le début de l'année 2026, selon le décompte de l'UNESCO.
  • En 2025, 129 journalistes et employés de presse ont été tués sur l'ensemble de l'année, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
  • La diplomatie française condamne les attaques et violences commises à l’encontre des journalistes et professionnels de médias.
  • Le gouvernement français « continue d’agir auprès des autorités algériennes » pour obtenir la libération de Christophe Gleizes, journaliste sportif condamné à sept ans de prison.

Les défis de la liberté de la presse

« Toute liberté repose sur la liberté de la presse. Sans elle, il ne peut y avoir ni droits humains, ni développement durable, ni paix », a déclaré António Guterres, secrétaire général des Nations unies, dans un message vidéo. Il a souligné que ces dernières années ont été marquées par une augmentation du nombre de journalistes tués, en particulier dans les zones de guerre.

Le secrétaire général a également dénoncé le fait que 85 % des crimes commis contre des professionnels du secteur restent non élucidés et non jugés, un niveau d'impunité qu’il qualifie d'« inacceptable ».

Les réactions internationales

La présidence portugaise déplore que le lourd bilan pour les professionnels des médias « contredise les attentes de progrès que la consolidation des démocraties devrait garantir ». À des exactions s'ajoutent des « menaces plus silencieuses », souligne le bureau d'António José Seguro, citant « le recul démocratique dans plusieurs régions du globe », « la précarité économique des rédactions », la concentration du capital, ou encore « la prolifération de la désinformation qui pollue l’espace public ».

Il y a aussi des lueurs d'espoir. Fin avril, le journaliste Andrzej Poczobut a retrouvé la liberté, après cinq ans de détention au Bélarus. Correspondant du journal polonais Gazeta Wyborcza et figure de la minorité polonaise dans le pays, il purgeait une peine de huit ans de prison pour avoir « incité à des actions mettant en danger la sécurité nationale ».

La situation de Christophe Gleizes

En France, Christophe Gleizes n'est pas oublié. Le gouvernement « continue d’agir auprès des autorités algériennes » pour obtenir la libération du journaliste sportif, condamné en appel, en décembre 2025, à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». Son arrestation, survenue lors d'un séjour en Kabylie, a alimenté les tensions entre Paris et Alger.

La veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Amélie Oudéa-Castéra, ex-ministre d'Emmanuel Macron et actuelle présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), a dénoncé sur X « la peine la plus lourde infligée à un journaliste depuis 10 ans ». « Le sport a besoin de ses journalistes. Les journalistes ont besoin de liberté. Christophe mérite qu'on se batte pour la sienne », a-t-elle conclu.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour la libération de Christophe Gleizes, avec des négociations en cours entre les autorités françaises et algériennes. La communauté internationale reste vigilante, attendant des développements concrets dans cette affaire qui met en lumière les défis de la liberté de la presse à travers le monde.

La Journée mondiale de la liberté de la presse, proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1993, reste un rappel important de l'importance de la liberté d'expression et de l'information dans le monde moderne.