Une enquête ouverte en 2015 pour éclaircir les circonstances de l’entrée de LVMH au capital d’Hermès prend une nouvelle tournure. Selon Le Monde, trois avocats suisses ont été mis en examen pour « abus de confiance » aux dépens de Nicolas Puech, héritier de la famille fondatrice du groupe de luxe.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enquête judiciaire est en cours depuis 2015 sur la disparition présumée de 6 millions d’actions Hermès détenues par Nicolas Puech.
  • Trois avocats suisses ont été mis en examen pour abus de confiance, selon Le Monde.
  • Nicolas Puech affirme avoir été spolié de ses parts au profit de LVMH, géant du luxe concurrent.

Une enquête remontant à l’entrée de LVMH dans le capital d’Hermès

L’enquête a été lancée en 2015 après que LVMH, dirigé par Bernard Arnault, a acquis une participation significative dans Hermès. Cette opération avait alors suscité des interrogations sur les conditions d’acquisition et les éventuels conflits d’intérêts. Nicolas Puech, héritier direct de la famille Hermès, a toujours dénoncé une manœuvre visant à lui faire perdre le contrôle de ses actions. « Il s’agit d’une tentative délibérée de nous déposséder de notre patrimoine familial », avait-il déclaré à l’époque.

Les avocats suisses au cœur des soupçons

Les trois avocats suisses mis en examen sont accusés d’avoir orchestré, selon l’accusation, un stratagème visant à transférer frauduleusement les 6 millions d’actions de Nicolas Puech vers des entités liées à LVMH. Leurs noms n’ont pas été révélés par Le Monde, mais l’enquête judiciaire a confirmé leur implication présumée dans cette affaire. L’instruction, menée sous le sceau du secret, vise à déterminer si des manœuvres juridiques ou financières ont été utilisées pour contourner les droits de l’héritier.

Un héritier en quête de justice depuis plus d’une décennie

Nicolas Puech, petit-fils du fondateur d’Hermès Émile-Maurice Hermès, a toujours nié avoir cédé volontairement ses parts. Dans des déclarations publiques, il a affirmé que ces actions lui avaient été « volées » à son insu, via des montages juridiques complexes. Son avocat a d’ailleurs saisi à plusieurs reprises la justice française et suisse pour faire valoir ses droits. « Ce dossier dépasse largement la question des actions. Il s’agit de la préservation d’un héritage familial », a-t-il souligné auprès de la presse.

Et maintenant ?

La procédure judiciaire est désormais entre les mains des juges d’instruction, qui pourraient décider de renvoyer les avocats suisses devant le tribunal correctionnel d’ici la fin de l’année. Une audience décisive pourrait être organisée avant décembre 2026, date à laquelle les délais de prescription pourraient commencer à courir pour certains chefs d’accusation. Par ailleurs, Nicolas Puech a annoncé qu’il entendait poursuivre ses démarches pour récupérer ses actions, même si les voies légales disponibles en France et en Suisse s’avèrent limitées.

Cette affaire rappelle les tensions récurrentes entre Hermès et LVMH, deux géants du luxe français dont les relations sont marquées par des rivalités historiques. Si les mises en examen confirment les soupçons de fraude, elles pourraient avoir des répercussions juridiques et financières majeures pour les deux groupes. Pour l’heure, LVMH n’a pas réagi publiquement à cette avancée judiciaire.

L’enquête a été ouverte en 2015 après que LVMH a acquis une participation significative dans le capital d’Hermès. Cette opération a soulevé des questions sur les conditions d’acquisition, notamment concernant le transfert potentiellement frauduleux de 6 millions d’actions détenues par Nicolas Puech, héritier de la famille Hermès. La justice a alors ouvert une instruction pour vérifier si des manœuvres illégales avaient été mises en place.