Le groupe Kering, numéro 3 du luxe du CAC 40, vient de présenter des résultats 2025 catastrophiques, avec un bénéfice net en baisse de 93,6% et un chiffre d'affaires en recul de 13%. Pourtant, l'action Kering a bondi de plus de 11% à l'annonce des résultats, ce qui laisse penser que le marché actions parie sur un retournement mené par le nouveau directeur général, Luca de Meo.

Ce retournement est-il réaliste ? Selon Pascal Malotti, directeur de la stratégie et expert retail chez Valtech, «au-delà de l'enthousiasme de la Bourse, les tensions structurelles de Kering méritent toute l'attention des investisseurs en actions». Le marché actions salue notamment l'amélioration du chiffre d'affaires au quatrième trimestre, qui ne recule que de 3% à données comparables, alors que le consensus des analystes financiers anticipait -5%.

Les signes de stabilisation

Chez Gucci, les ventes au détail ont baissé de 10% au quatrième trimestre, contre plus de 20% les trimestres précédents, ce qui constitue «une amélioration séquentielle réelle», selon Pascal Malotti. Bottega Veneta a progressé de 3%, Saint Laurent s'est stabilisé et les autres maisons (Balenciaga, McQueen) retrouvent même 3% de croissance organique au quatrième trimestre.

L'assainissement financier de Kering est également «significatif», avec 925 millions d'euros d'économies de coûts réalisées, une dette nette réduite de 2,5 milliards d'euros grâce à la cession de Kering Beauté à L'Oréal et à la vente de l'immeuble de la Cinquième Avenue à Ardian. L'arrivée de Luca de Meo apporte un style de direction direct et sans concessions, et il promet une feuille de route complète au Capital Markets Day du 16 avril 2026.

Les tensions structurelles

Pour autant, les tensions structurelles de Kering sont réelles. La dépendance fatale à Gucci, qui représente 41% du chiffre d'affaires et près de 60% de la rentabilité opérationnelle du groupe, est un facteur de risque. La marque florentine enchaîne trois années de déclin, avec une érosion de 40% en trois exercices. Sa marge opérationnelle est tombée à 16,1%, contre 35% au sommet de l'ère Alessandro Michele.

La nomination de Demna, ex-directeur artistique de Balenciaga, à la tête de la création chez Gucci en juillet 2025 constitue le pari le plus audacieux de cette restructuration. Les premiers articles de la collection La Famiglia sont bien reçus, mais Luca de Meo admet que leur distribution reste limitée. Le défilé du 27 février, entièrement conçu par Demna, sera le test décisif.

Les défis à relever

Outre la dépendance à Gucci, Kering doit faire face à d'autres défis. L'érosion généralisée du portefeuille est un facteur de risque, avec une baisse de 8% pour Yves Saint Laurent, une stabilisation pour Saint Laurent, mais une baisse de 10% pour les autres maisons. La restructuration par soustraction, qui repose sur la fermeture de magasins non rentables, les cessions d'actifs et la réduction de coûts, est un piège de valorisation, car elle n'a jamais suffi à relancer la croissance organique dans le luxe.

Le paysage concurrentiel du luxe s'est également durci, avec des concurrents comme Hermès, LVMH et Prada qui affichent des résultats solides. Kering a perdu le luxe du temps, avec une capitalisation boursière qui représente à peine 16% de celle de LVMH. L'exposition chinoise demeure incertaine, avec une consommation de luxe en Chine continentale qui stagne depuis 2023 et des UHNW chinois qui réduisent leurs dépenses.

Les perspectives

Ainsi, les investisseurs doivent être prudents et attendre les preuves concrètes du retournement de Kering, avec le défilé Gucci du 27 février, le Capital Markets Day du 16 avril et les premiers trimestres de croissance organique positive. L'action Kering se négocie à 34 fois le bénéfice estimé 2026 et à 2,9 fois la valeur d'entreprise rapportée au chiffre d'affaires, ce qui laisse peu de marge pour une surprise positive.

Les lecteurs de Momentum, la lettre d'investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, basée sur l'analyse technique et l'analyse financière, ont pu bénéficier de recommandations d'achat et de vente émises à de bons timings ces dernières années et ces derniers mois. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien inséré ci-après et de s'abonner à la newsletter Momentum.

En conclusion, les défis à relever pour un redressement réussi de Kering sont nombreux. Les investisseurs doivent être prudents et attendre les preuves concrètes du retournement, avec un œil sur les tensions structurelles et les défis à relever. Les questions qui restent en suspens sont nombreuses : Gucci pourra-t-elle retrouver sa croissance ? Le portefeuille de marques de Kering pourra-t-il compenser la dépendance à Gucci ? La restructuration par soustraction suffira-t-elle à relancer la croissance organique ? Seuls le temps et les résultats futurs pourront apporter des réponses à ces questions.

Les défis à relever pour Kering sont nombreux, notamment la dépendance à Gucci, l'érosion généralisée du portefeuille, la restructuration par soustraction et l'exposition chinoise incertaine.

Les perspectives pour l'action Kering sont incertaines, avec un marché qui parie sur un retournement mené par le nouveau directeur général, Luca de Meo, mais avec des tensions structurelles et des défis à relever.