La compagnie aérienne sud-coréenne Korean Air a décidé de suspendre le transport de coqs entre les États-Unis et les Philippines, une mesure saluée par les organisations de défense des animaux. Selon Le Figaro, cette décision s’inscrit dans un contexte de pression croissante contre les transporteurs aériens impliqués dans le commerce d’oiseaux destinés aux combats, une pratique encore légale dans certains pays. Les autorités estiment à plusieurs dizaines de millions de dollars par semaine les revenus générés par cette industrie, alimentant notamment le crime organisé.

Ce qu'il faut retenir

  • Korean Air suspend le transport de coqs entre les États-Unis et les Philippines à partir de mai 2026.
  • Les combats de coqs génèrent des dizaines de millions de dollars par semaine aux Philippines, où ils sont encore légaux.
  • Cette décision fait suite à une campagne menée par des ONG comme Animal Wellness Action et PETA.
  • Les éleveurs américains envoient des dizaines de milliers de coqs chaque année vers des pays où les combats sont autorisés.
  • Les Philippines dépendent fortement des importations de coqs depuis les États-Unis pour cette activité.

Une mesure sous pression des défenseurs des droits des animaux

Plusieurs organisations de protection animale se sont félicitées de la décision de Korean Air. Animal Wellness Action, une ONG américaine, a salué cette mesure comme une avancée majeure contre le transport illégal d’oiseaux de combat. L’ONG affirme que Korean Air était, selon ses termes, « la plus grande compagnie aérienne au monde impliquée dans ce trafic ». Dans un communiqué, la compagnie sud-coréenne a confirmé avoir suspendu le transport de coqs de tout âge sur cette ligne, tout en précisant qu’elle s’engageait à respecter les réglementations en vigueur pour le transport d’animaux vivants.

Cette interdiction intervient après plusieurs mois d’enquête et d’échanges avec les ONG. Animal Wellness Action revendique même le mérite de cette décision, soulignant que Korean Air a accepté de mettre fin à tous les envois de coqs vers les Philippines. Les militants dénoncent une pratique où des éleveurs américains se présentent comme des agriculteurs inoffensifs pour exporter des oiseaux destinés aux combats, une activité particulièrement lucrative dans le pays asiatique.

Un commerce lucratif alimenté par les importations américaines

Les Philippines figurent parmi les rares pays où les combats de coqs restent autorisés, une tradition ancrée dans la culture locale. Selon Eduardo Eugenio, un éleveur philippin basé à Tagum, dans le sud du pays, l’industrie dépend fortement des coqs importés depuis les États-Unis. Il a d’ailleurs estimé que l’interdiction de Korean Air aurait un « impact énorme » sur ce secteur. Chaque année, des dizaines de milliers de coqs équipés d’éperons métalliques sont acheminés vers les Philippines, où les affrontements sont organisés dans des arènes clandestines ou semi-légales.

Certains oiseaux sont également transportés par voie terrestre ou aérienne vers le Mexique, où les combats restent tolérés dans plusieurs États. Cette pratique, bien que moins médiatisée, contribue à maintenir un marché noir prospère, souvent lié à des réseaux criminels. Les défenseurs des animaux rappellent que ces oiseaux subissent des conditions de transport souvent inadaptées, aggravant leur souffrance avant même leur utilisation dans les combats.

« Korean Air s’engage à assurer le transport légal et sûr des animaux vivants, conformément aux lois et réglementations en vigueur. »
— Korean Air, dans un communiqué officiel

Les ONG appellent à une mobilisation internationale

Jana Sevilla, porte-parole de PETA aux Philippines, a salué cette décision en soulignant qu’elle visait « assurément » les combats de coqs. Elle a appelé d’autres compagnies aériennes à suivre l’exemple de Korean Air, tout en rappelant que les Philippines figurent parmi les derniers pays à autoriser cette pratique. PETA milite depuis des années pour l’interdiction totale de ces combats, qualifiés de « cruels et inutiles ». Les militants espèrent que cette mesure inspirera d’autres transporteurs, comme Delta Airlines ou United Airlines, qui ont également été pointés du doigt pour leur implication passée dans ce commerce.

Les défenseurs des droits des animaux soulignent par ailleurs que les combats de coqs ne sont pas uniquement un problème philippin. En Indonésie, en Malaisie ou encore en Thaïlande, cette pratique reste répandue, bien que de plus en plus contestée. Aux États-Unis, certains États comme la Louisiane ou le Nouveau-Mexique autorisent encore ces combats, malgré l’interdiction fédérale. Les ONG estiment que la pression sur les transporteurs aériens pourrait affaiblir progressivement ce marché, en limitant les possibilités d’exportation.

Un enjeu économique et sécuritaire

Au-delà de la question animale, ce commerce illégal génère des revenus colossaux, estimés à plusieurs centaines de millions de dollars par an. Une partie de ces fonds alimente des réseaux criminels, notamment le trafic d’armes ou de stupéfiants. Les autorités philippines reconnaissent que les combats de coqs constituent un « fléau social », mais peinent à faire appliquer une interdiction totale en raison de leur ancrage culturel et économique. Selon des rapports locaux, plus de 1 500 arènes seraient encore en activité dans l’archipel, attirant des milliers de spectateurs chaque semaine.

Les éleveurs, comme Eduardo Eugenio, défendent quant à eux cette tradition, arguant qu’elle fait partie intégrante de l’identité locale. Pour autant, les défenseurs des animaux rappellent que les coqs subissent des blessures graves lors des combats, souvent mortelles. Les éperons métalliques dont ils sont équipés peuvent infliger des coups profonds, provoquant des hémorragies ou des infections. Les conditions de transport, souvent dans des caisses exiguës et sans surveillance vétérinaire, aggravent encore leur état.

Et maintenant ?

Cette interdiction marque une première victoire pour les défenseurs des animaux, mais la lutte contre les combats de coqs reste un combat de longue haleine. Korean Air a indiqué qu’elle évaluerait la possibilité d’étendre cette mesure à d’autres destinations où les combats sont autorisés. De leur côté, les ONG préparent déjà de nouvelles campagnes pour convaincre d’autres transporteurs aériens de prendre des mesures similaires. Aux Philippines, les autorités pourraient être incitées à renforcer les contrôles, bien que la question culturelle reste un frein majeur. Une chose est sûre : la pression sur les compagnies aériennes et les gouvernements locaux ne devrait pas faiblir dans les mois à venir.

Pour l’heure, aucune date n’a été annoncée pour une interdiction totale des combats de coqs aux Philippines, malgré les appels répétés des militants. La décision de Korean Air pourrait, en revanche, inspirer d’autres acteurs du secteur aérien à revoir leurs politiques de transport d’animaux. Reste à savoir si cette mesure suffira à ébranler un marché aussi lucratif que clandestin.

Les combats de coqs restent légaux dans des pays comme les Philippines ou l’Indonésie en raison de leur ancrage culturel et historique. Pour de nombreuses communautés locales, cette pratique fait partie des traditions ancestrales, bien que de plus en plus contestée par les défenseurs des droits des animaux. Les autorités de ces pays peinent à interdire totalement cette activité en raison de sa popularité et de son poids économique, malgré les risques sanitaires et sécuritaires qu’elle engendre.

Les organisations comme Animal Wellness Action ou PETA comptent capitaliser sur cette décision pour convaincre d’autres compagnies aériennes, comme Delta Airlines ou United Airlines, d’interdire à leur tour le transport de coqs destinés aux combats. Elles préparent également des campagnes de sensibilisation auprès des passagers et des gouvernements locaux pour faire pression en faveur d’une interdiction totale. Une pétition internationale est également envisagée pour étendre l’embargo à d’autres destinations.