Alors que s’ouvre la première conférence internationale visant à organiser une sortie progressive des énergies fossiles — pétrole, gaz et charbon —, le militant sud-africain Kumi Naidoo plaide pour une accélération de la transition énergétique. Selon RFI, ce dernier préside une initiative majeure : la mise en place d’un traité international pour interdire la prolifération des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique.

Ce qu'il faut retenir

  • La première conférence internationale sur la sortie des énergies fossiles se tient actuellement, selon RFI.
  • Kumi Naidoo, militant écologiste sud-africain, préside une initiative pour un traité de non-prolifération des énergies fossiles.
  • Les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) sont les principales émettrices de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.
  • Naidoo souligne que la lutte écologique a longtemps été perçue comme un combat réservé aux Blancs et aux riches.

Un traité international pour en finir avec les énergies fossiles

La conférence en cours, organisée pour la première fois, rassemble des décideurs politiques, des scientifiques et des militants du monde entier. Son objectif affiché est de définir une feuille de route commune pour réduire progressivement la dépendance aux énergies fossiles. Kumi Naidoo, qui a passé des décennies à militer pour la justice climatique, a choisi cette tribune pour rappeler l’urgence d’agir. « Les énergies fossiles sont les principales responsables du réchauffement climatique, a-t-il rappelé. Pourtant, leur exploitation continue de bénéficier de subventions massives, alors que les solutions existent. »

À la tête de l’initiative pour un traité de non-prolifération des énergies fossiles, il propose un cadre juridique contraignant, sur le modèle du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. L’idée ? Empêcher l’expansion des infrastructures liées aux énergies fossiles et accélérer leur remplacement par des alternatives durables. Pour Naidoo, cette approche est la seule capable de garantir une transition juste et équitable pour les pays en développement.

Une prise de conscience tardive mais nécessaire

Dans une interview accordée à RFI, Kumi Naidoo revient sur son propre parcours. « Je croyais que la lutte pour l’environnement était un combat pour les Blancs et les riches, a-t-il confié. Pendant des années, j’ai pensé que les questions écologiques ne concernaient pas les populations noires ou défavorisées. » Une méconception qu’il attribue à un manque de représentation et à des inégalités structurelles dans les mouvements écologistes.

Ce constat, partagé par de nombreux militants issus de pays du Sud global, a poussé Naidoo à repenser sa stratégie. Désormais, il insiste sur l’importance d’intégrer les enjeux climatiques dans les politiques de développement social et économique. « La justice climatique doit être au cœur de toute transition énergétique, souligne-t-il. Cela signifie garantir l’accès à une énergie propre pour tous, sans laisser personne de côté. »

Les défis d’une transition énergétique mondiale

Malgré les engagements pris lors des accords de Paris en 2015, les progrès restent inégaux. Selon les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les subventions aux énergies fossiles ont atteint près de 7 000 milliards de dollars en 2024, un chiffre en hausse malgré les promesses de décarbonation. Pour Naidoo, ces financements constituent un frein majeur à la transition. « Tant que les énergies fossiles seront subventionnées, les énergies renouvelables ne pourront pas rivaliser, a-t-il expliqué.

L’autre défi réside dans la résistance des industries pétrolières et gazières. Plusieurs pays producteurs, comme l’Arabie saoudite ou la Russie, continuent de miser sur l’exportation de leurs ressources, malgré les appels à réduire la production. Face à cette inertie, Naidoo mise sur la pression citoyenne et les recours juridiques pour faire avancer la cause. « Les tribunaux et les mobilisations populaires sont des leviers puissants, a-t-il affirmé. Les gouvernements doivent comprendre que l’inaction climatique aura un coût bien plus élevé que la transition. »

Et maintenant ?

La conférence en cours pourrait poser les bases d’un engagement plus ambitieux lors de la prochaine COP, prévue en novembre 2026 au Brésil. Kumi Naidoo espère que les États membres adopteront une résolution en faveur d’un traité international d’ici 2027. Reste à voir si les grandes puissances économiques, souvent liées aux lobbies fossiles, accepteront de sacrifier une partie de leurs revenus au profit du climat. Une chose est sûre : sans pression politique et sociale, les engagements resteront lettre morte.

Cette initiative soulève également une question cruciale : les pays du Sud global, déjà les plus vulnérables aux effets du changement climatique, recevront-ils les financements nécessaires pour opérer leur transition ? Autant dire que l’équation est complexe, et que les prochains mois s’annoncent décisifs.

Le traité vise à interdire la prolifération des infrastructures liées aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) et à accélérer leur remplacement par des énergies renouvelables, sur le modèle du traité de non-prolifération nucléaire.