Une vague de frappes massives menée par la Russie dans la nuit de samedi à dimanche a frappé la capitale ukrainienne Kyiv, faisant au moins deux morts et 56 blessés, selon les autorités locales. Cinq jours plus tôt, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait alerté, sur la base de renseignements, sur la préparation par Moscou d’une frappe majeure impliquant potentiellement le missile hypersonique Orechnik, bien qu’aucune confirmation de son utilisation n’ait été établie pour l’heure, rapporte Euronews FR.
Ce qu'il faut retenir
- Deux morts et 56 blessés recensés après les frappes russes sur Kyiv dans la nuit de samedi à dimanche.
- 30 personnes hospitalisées, dont deux enfants, selon le maire Vitali Klitschko.
- Les attaques ont touché au moins neuf districts de la capitale, endommageant des immeubles d’habitation, des écoles et des commerces.
- Les frappes ont été menées à l’aide de drones kamikazes, missiles de croisière et balistiques.
- Le missile hypersonique Orechnik, décrit par Vladimir Poutine comme « impossible à intercepter », n’a pas été confirmé comme utilisé lors de cette attaque.
- Les tensions entre Moscou et Kyiv s’intensifient après une frappe ukrainienne attribuée à Starobilsk, revendiquée par la Russie comme ayant fait 18 morts.
Une attaque d’une intensité rare dans plusieurs quartiers de la capitale
L’assaut russe a touché des zones centrales de Kyiv, à proximité des bâtiments gouvernementaux, des immeubles résidentiels et des établissements scolaires. Dans le district de Chevtchenko, une frappe a endommagé un bâtiment scolaire où plusieurs personnes avaient trouvé refuge, a précisé le maire Vitali Klitschko. Les autorités ont également signalé des dégâts dans des supermarchés et entrepôts répartis dans différents secteurs de la ville.
Selon Mykola Kalachnyk, responsable de l’administration régionale de Kyiv, cette attaque a été menée « à l’aide de drones kamikazes, de missiles de croisière et de missiles balistiques ». Les bombardements se sont poursuivis après le lever du jour, avec de nouveaux missiles et drones signalés en direction de la capitale, a-t-il ajouté.
Un bilan humain qui s’alourdit avec les hospitalisations
Dans un bilan actualisé, Vitali Klitschko a indiqué que 30 personnes, dont deux enfants, étaient hospitalisées dans les hôpitaux de la ville. Les dégâts matériels s’étendent sur au moins neuf districts, selon Tymour Tkatchenko, chef de l’administration militaire de Kyiv, qui a partagé ces informations sur Telegram.
Ces chiffres pourraient encore évoluer, les opérations de secours se poursuivant pour évacuer les victimes et sécuriser les zones touchées. Les autorités locales appellent la population à rester vigilante, alors que des alertes aériennes persistent dans plusieurs régions du pays.
Le missile Orechnik au cœur des craintes ukrainiennes
Les frappes surviennent après les mises en garde répétées de Volodymyr Zelensky, qui évoquait, sur la base de renseignements, une possible utilisation du missile hypersonique russe Orechnik lors d’une future attaque majeure. Ce missile, dont le nom signifie « noisetier » en russe, a été déployé pour la première fois en novembre 2024 contre Dnipro, puis de nouveau en janvier 2025 dans la région de Lviv.
Le président russe Vladimir Poutine a décrit l’Orechnik comme un projectile capable d’atteindre dix fois la vitesse du son, capable de frapper des bunkers enfouis « trois, quatre, voire davantage de niveaux sous terre ». Il a affirmé que ce missile se déplaçait « comme une météorite » et serait impossible à intercepter avec les systèmes de défense actuels. Selon lui, plusieurs missiles équipés d’ogives conventionnelles pourraient produire des effets comparables à une frappe nucléaire.
« Cette nuit, la région de Kyiv subit une nouvelle attaque massive de l’ennemi, menée à l’aide de drones kamikazes, de missiles de croisière et de missiles balistiques. »
— Mykola Kalachnyk, responsable de l’administration régionale de Kyiv
Un contexte de tensions accrues entre les deux camps
Ces bombardements surviennent dans un climat déjà tendu. La Russie avait précédemment menacé Kyiv d’un « châtiment inévitable et sévère » après une frappe ukrainienne contre un dortoir universitaire à Starobilsk, en région de Louhansk occupée. Moscou affirmait que l’attaque avait fait 18 morts, mais les autorités ukrainiennes ont démenti viser des civils, affirmant avoir ciblé une unité russe de drones Rubicon déployée dans la zone.
Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, Kyiv est régulièrement la cible de frappes massives impliquant missiles et drones. Ces attaques visent souvent des infrastructures civiles, entraînant un lourd bilan humain et matériel parmi la population.
Une médiation internationale en perte de vitesse
Les tentatives de médiation engagées par les États-Unis pour mettre fin au conflit, qui dure depuis plus de quatre ans, peinent à aboutir. Ces derniers mois, Washington a recentré son attention sur la crise au Moyen-Orient, laissant les négociations sur l’Ukraine au point mort. Les espoirs d’une résolution diplomatique s’amenuisent, alors que les deux belligérants maintiennent leurs opérations militaires à un rythme soutenu.
L’utilisation confirmée ou non du missile Orechnik dans cette attaque pourrait influencer la stratégie militaire ukrainienne et les réactions des pays occidentaux, qui fournissent un soutien logistique et humanitaire à Kyiv. Une escalade supplémentaire du conflit n’est pas exclue, alors que les deux camps maintiennent leurs positions.
L’Orechnik est un missile hypersonique russe capable d’atteindre dix fois la vitesse du son, selon les déclarations du président Vladimir Poutine. Il serait conçu pour frapper des cibles enterrées profondément, comme des bunkers, et serait « impossible à intercepter » avec les systèmes de défense actuels. Son utilisation potentielle lors d’une frappe majeure expliquerait les alertes lancées par Volodymyr Zelensky, qui craint des dégâts encore plus importants que ceux déjà observés.