Selon Le Figaro, la Banque du Japon (BoJ) a laissé ses taux inchangés mardi, mais a très fortement relevé ses prévisions d'inflation en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient. La banque centrale a maintenu son taux directeur fixé depuis décembre à 0,75%, son plus haut niveau depuis 1995.
Ce qu'il faut retenir
- La BoJ a relevé ses prévisions d'inflation à 2,8% pour l'exercice fiscal 2026, contre 1,9% anticipés précédemment.
- L'institution a également révisé à la baisse sa prévision de croissance économique pour l'exercice 2026, la ramenant de 1,0% à 0,5%.
- La BoJ a mis en garde contre le risque de perturbations à grande échelle des chaînes d'approvisionnement et l'impact significatif sur l'activité de production au Japon.
- La banque centrale a prévenu que les risques pesant sur l'inflation sont orientés à la hausse et que l'économie pourrait ralentir davantage sous l'effet d'une baisse significative des bénéfices des entreprises et du revenu réel des ménages.
La BoJ a laissé mardi ses taux inchangés, mais a très fortement relevé ses prévisions d'inflation en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient, sur fond de flambée des cours du pétrole. Comme largement attendu, l'institution a maintenu son taux directeur, fixé depuis décembre à 0,75%, son plus haut niveau depuis 1995, tout en faisant état des risques accrus liés à la situation géopolitique.
«Divers risques pèsent sur les perspectives. Il convient d'accorder une attention particulière à l'impact de l'évolution de la situation au Moyen-Orient sur les marchés financiers et des changes, ainsi que sur l'activité économique et les prix au Japon», a note la BoJ. La banque centrale en a déjà tiré les conséquences en relevant drastiquement ses prévisions de hausse des prix à la consommation dans l'archipel : elle mise désormais sur une inflation (hors produits frais) de 2,8% durant l'exercice fiscal 2026 en cours, contre 1,9% anticipés précédemment.
Elle anticipe que l'inflation s'élève ensuite durant l'exercice 2027 à 2,3%, contre 2% attendus auparavant. Ces relèvements «reflètent les effets de la hausse des prix du pétrole brut», explique la BoJ. Les prix à la consommation dans l’archipel (hors produits frais) ont augmenté le mois dernier de 1,8% sur un an, en nette accélération, selon des chiffres officiels publiés vendredi, tirés par les prix alimentaires. Dopés par la quasi-paralysie depuis fin février du détroit d'Ormuz, où transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial, les prix du pétrole se sont envolés et ont dépassé régulièrement les 100 dollars le baril.
La BoJ a également révisé à la baisse sa prévision de croissance économique pour l'exercice 2026, la ramenant de 1,0% à 0,5%. Pour l'exercice 2027, elle anticipe désormais une croissance de 0,7%, en légère baisse par rapport à l'estimation précédente de 0,8%. «Un risque réside dans la possibilité que des effets négatifs s'intensifient au-delà des prévisions, si les turbulences liées à la situation au Moyen-Orient se prolongent et que les prix du pétrole brut demeurent à un niveau élevé», avertit l'institution.
Dans ce cas, «l'économie pourrait ralentir davantage, sous l'effet d'une baisse significative des bénéfices des entreprises et du revenu réel des ménages. Un tel ralentissement pourrait tirer vers le bas l'inflation sous-jacente», estime-t-elle. Pour autant, «en ce qui concerne les prix, toutefois, les risques sont orientés à la hausse : étant donné que le pétrole brut est largement utilisé comme matière première dans divers secteurs industriels, des cours élevés du baril pourraient faire grimper non seulement les prix de l'énergie, mais aussi les prix en général».
La BoJ pointe «la possibilité que les prix des produits alimentaires augmentent au-delà des prévisions, sous l'effet de la hausse des prix de marché des matières premières», et met en garde contre «le risque de perturbations à grande échelle des chaînes d'approvisionnement, susceptibles d'exercer un impact significatif sur l'activité de production» au Japon.
La Banque du Japon prépare un nouveau relèvement de taux en raison de la crise au Moyen-Orient, mais également de la flambée des cours du pétrole.