La Chine a réaffirmé mardi 26 mai 2026 ses ambitions spatiales en dévoilant des détails sur la construction d’un nouveau module en orbite autour de la Lune, comme le rapporte Franceinfo - Sciences. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme Chang’e, dont l’objectif final reste l’installation d’une base habitée sur le satellite naturel de la Terre d’ici la prochaine décennie. Pékin entend ainsi consolider sa position de puissance spatiale majeure, face à une concurrence accrue avec les États-Unis et leurs partenaires privés.
Ce qu'il faut retenir
- La Chine prévoit de lancer un nouveau module en orbite lunaire d’ici 2027, selon les annonces officielles du 26 mai 2026.
- Ce projet s’ajoute aux missions Chang’e 6 et 7, déjà en cours, et vise à préparer l’arrivée d’astronautes chinois sur la Lune.
- Pékin mise sur une coopération internationale, notamment avec la Russie et l’Agence spatiale européenne (ESA), pour partager les coûts et les technologies.
- Le calendrier prévoit une base lunaire habitée avant 2035, avec des infrastructures permanentes pour des séjours de longue durée.
- La Chine a déjà posé deux rovers sur la Lune (Chang’e 4 en 2019 et Chang’e 5 en 2020) et ramène régulièrement des échantillons lunaires.
Un calendrier accéléré pour rattraper les États-Unis
Les autorités spatiales chinoises ont confirmé que le lancement du module orbital lunaire est désormais programmé pour 2027, soit deux ans plus tôt que les prévisions initiales. « Ce module servira de relais pour les communications et les missions habitées », a précisé Wu Weiren, chef du programme lunaire chinois, lors d’une conférence de presse organisée à Pékin. D’après les plans dévoilés, il sera suivi par une série de missions robotisées, dont Chang’e 8, dont le décollage est attendu en 2028. Cette dernière aura pour mission de tester des technologies de construction in situ, une étape clé avant l’installation d’une base permanente.
Pour y parvenir, la Chine s’appuie sur son lanceur lourd Longue Marche 10, en développement depuis 2023, capable de transporter jusqu’à 27 tonnes vers la Lune. « Nous avons atteint une maturité technologique qui nous permet d’envisager ces échéances avec confiance », a ajouté Wu Weiren. Autant dire que Pékin mise sur une accélération de son programme spatial, alors que les États-Unis, via le programme Artemis, prévoient de faire atterrir des astronautes au pôle Sud lunaire dès 2026.
Une coopération internationale pour réduire les coûts
Contrairement aux années 1960, marquées par une course spatiale exclusivement bilatérale, la Chine mise aujourd’hui sur des partenariats pour partager les investissements et les savoir-faire. Selon les informations communiquées par Franceinfo - Sciences, Pékin a signé des accords avec la Russie pour développer conjointement des infrastructures lunaires, et discute avec l’ESA pour des collaborations scientifiques. « L’exploration spatiale n’est plus une question de rivalité, mais de complémentarité », a souligné Yang Yuguang, expert du China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), lors d’un entretien avec l’agence de presse Xinhua.
Ces alliances permettent à la Chine de bénéficier de technologies européennes en matière de propulsion électrique, tandis que Moscou apporte son expérience des missions habitées. Bref, l’enjeu pour Pékin est double : réduire les coûts tout en renforçant son autonomie technologique. Le pays a déjà prouvé sa capacité à mener des missions complexes, comme le retour d’échantillons lunaires en 2020, une première depuis les années 1970.
Vers une base lunaire habitée avant 2035
Le projet de base lunaire chinoise, baptisé ILRS (International Lunar Research Station), s’articule autour de trois phases. La première, jusqu’en 2030, consistera en des missions robotisées pour cartographier les ressources en eau et en minerais. La seconde, entre 2030 et 2035, verra l’envoi d’équipages pour des séjours de courte durée, tandis que la troisième phase, après 2035, permettra une occupation permanente. « Notre objectif est de créer un environnement où des scientifiques pourront vivre et travailler pendant des mois, voire des années », a expliqué Pei Zhaoyu, directeur adjoint du Centre d’exploration lunaire et d’ingénierie spatiale à Pékin.
Pour y parvenir, la Chine développe des habitats gonflables, des systèmes de recyclage d’air et d’eau, ainsi que des réacteurs nucléaires miniatures pour l’énergie. Des tests sont déjà en cours en Antarctique, où des conditions similaires à celles de la Lune sont simulées. « Nous apprenons à maîtriser les défis techniques avant de nous lancer dans l’aventure lunaire », a précisé Pei Zhaoyu.
Avec ces annonces, la Chine confirme sa volonté de jouer un rôle central dans l’exploration lunaire de demain. Alors que les États-Unis et leurs partenaires accélèrent leur retour sur la Lune, Pékin mise sur une stratégie à long terme, combinant innovation technologique, coopération internationale et ambitions scientifiques. Une chose est sûre : la course à la Lune entre dans une nouvelle phase, plus complexe et plus collaborative que jamais.
Le programme Chang’e est une série de missions robotisées (orbiteurs, atterrisseurs, rovers) dont l’objectif est de préparer l’exploration lunaire, tandis que l’ILRS (International Lunar Research Station) est un projet de base habitée permanente, prévue après 2035. Chang’e permet d’acquérir des données techniques et scientifiques, tandis que l’ILRS vise à créer un habitat pour des humains.
Non. Selon les annonces officielles, les premiers séjours habités chinois sur la Lune ne sont pas attendus avant 2030, avec une occupation permanente prévue après 2035. Les missions robotisées (Chang’e 6, 7 et 8) serviront de précurseurs pour tester les technologies nécessaires.