Selon BFM Business, les problèmes d'approvisionnement en naphta, un produit pétrolier raffiné, ont fortement renchéri les prix des plastiques, encore très utilisés dans les pays asiatiques. À Taïwan, en Thaïlande ou en Corée du Sud, cela pèse sur l'activité des petits commerçants. Les vendeurs de rue aux marchés sont touchés par le choc énergétique qui met à rude épreuve l'usage omniprésent des sacs et barquettes en plastique en Asie, dont le coût a explosé.

Li Yu-ping, vendeuse de poulet de 52 ans au marché Songjiang de Taipei, raconte avoir vu ces derniers mois le prix des lots de sacs plastique grimper de presque 60% et celui d'un carton de barquettes plastiques d'un tiers. « On en utilise partout, nos contenants sont en plastique, tous jetables, on utilise des gants... C'est devenu un coût pour les vendeurs », indique-t-elle.

Ce qu'il faut retenir

  • La flambée des prix des sacs plastiques en Asie est due à la guerre au Moyen-Orient.
  • Les problèmes d'approvisionnement en naphta ont renchéri les prix des plastiques.
  • Les petits commerçants sont touchés par le choc énergétique.
  • Les vendeurs de rue aux marchés utilisent encore très souvent des sacs et barquettes en plastique.
  • Le coût des sacs plastiques a augmenté de presque 60% ces derniers mois.

Impact sur les commerçants

Nikorn Sai-inthara, sexagénaire vendant des légumes sur un chariot ambulant à Bangkok, estime à 30% la hausse de ses frais d'exploitation. « Je dépends des sacs plastiques pour mon travail. Je vends des légumes à emporter à des gens pressés », dont chaque portion est emballée, explique-t-il. « Mes bénéfices ont baissé, mais je n'ose pas augmenter mes prix », se désole-t-il.

Chang Chiu-hsiang, épicière de 78 ans à Taipei, souligne que « nous n'avons pas le choix. Si vous ne donnez pas des sacs plastique aux clients, ils vont se plaindre ! ». Cependant, Li Yu-ping tempère en disant que « je crois que (la crise) a quelque chose de positif : les gens utilisent désormais davantage de sacs réutilisables ».

Repercussions sur l'industrie

Le géant pétrochimique indonésien PT Chandra Asri Pacific, qui avait déclaré un cas de force majeure au début du conflit, l'a levé début mai après avoir sécurisé des approvisionnements des États-Unis. Et aux Philippines, les industriels assurent avoir absorbé en partie les surcoûts.

Steve Tavera, membre de la Philippine Plastics Industry Association, explique que « nos marges bénéficiaires ont fondu. Nous ne pouvions pas simplement augmenter nos prix, nous aurions été submergés par les importations ». Les hausses sont donc restées « prudentes », juge-t-il.

Et maintenant ?

La situation reste incertaine. Les cours du naphta n'ont pour l'heure que légèrement fléchi. En Corée du Sud début juin, les tensions sur l'offre restaient vives. Les fabricants continuent de transformer le naphta acheté en pleine explosion des cours. Si l'accord Iran/États-Unis entraîne une reprise du trafic des tankers dans Ormuz et une chute des cours du brut, la normalisation des flux physiques et la répercussion sur le naphta prendront du temps.

En conclusion, la flambée des prix des sacs plastiques en Asie due à la guerre au Moyen-Orient a des conséquences importantes pour les commerçants et les industriels. Il est essentiel de trouver des alternatives pour réduire les coûts et les impacts environnementaux. Les prochaines semaines seront cruciales pour voir comment la situation évolue et si les prix des sacs plastiques vont continuer à augmenter.