Fin février 2026, les données sur la consommation d'électricité en France pour l'année 2025 ont été rendues publiques, révélant un constat alarmant : malgré son électricité décarbonée et peu coûteuse, la France peine à sortir des énergies fossiles. Selon nos confrères de BFM Business, la consommation d'électricité est restée stable en 2025, ce qui signale un retard dans la transition énergétique et la décarbonation de l'économie française.

Ce constat est d'autant plus préoccupant que la consommation d'électricité demeure « très en retrait » par rapport à la période 2014-2019, précédant la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine. Olivier Houvenagel, directeur adjoint de l'économie en charge des études prospectives de RTE, souligne que « la consommation d'électricité n'augmente pas » et que, surtout, « on constate que la part de l'électricité dans la consommation d'énergie finale, donc le taux d'électrification du pays, n'a pas non plus augmenté ».

Ce qu'il faut retenir

  • La consommation d'électricité en France est restée stable en 2025.
  • Les énergies fossiles représentent toujours 56% de la consommation d'énergie finale du pays.
  • L'électricité ne compte que pour 27% de la consommation d'énergie finale.
  • La France dispose d'un avantage en termes de production d'électricité décarbonée, avec un volume de production à 95,2% bas-carbone.
  • Le gouvernement doit présenter un plan d'électrification de l'économie « dès le printemps ».

La transition énergétique en retard

Les secteurs clés tels que les transports, le bâtiment et l'industrie sont en retard dans leur transition vers l'électricité, ce qui ralentit la décarbonation de l'économie française. L'électrification des usages apparaît en retard par rapport aux trajectoires nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques de la France, souligne RTE.

Cependant, la France bénéficie d'un atout majeur : son électricité est abondante et décarbonée, essentiellement grâce au rétablissement de la disponibilité du parc nucléaire et à la progression de la production des filières solaire et éolienne. Le prix de l'électricité en France est également parmi les plus bas d'Europe, ce qui pourrait encourager une consommation plus électrique et moins dépendante des énergies fossiles.

Les défis à relever

Malgré ces atouts, la France doit relever plusieurs défis pour accélérer sa transition énergétique. Le gouvernement a annoncé la présentation d'un plan d'électrification de l'économie pour le printemps, un plan qui devrait aider à accélérer la transition vers une économie moins dépendante des énergies fossiles. Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a souligné l'importance de cette transition pour atteindre les objectifs climatiques et réduire la dépendance aux énergies fossiles.

La France joue également un rôle clé en Europe en tant que « carrefour électrique », avec des exportations d'électricité vers l'ensemble du continent. Cela lui donne une responsabilité supplémentaire dans la promotion d'une économie décarbonée et dans la réduction de la dépendance aux énergies fossiles à l'échelle européenne.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour la France et son ambition de décarboner son économie. Le plan d'électrification de l'économie attendu pour le printemps devrait apporter des réponses concrètes aux défis actuels et tracer la voie pour une transition énergétique accélérée. La capacité de la France à exploiter pleinement son électricité décarbonée et abondante sera cruciale pour atteindre ses objectifs climatiques et réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

En conclusion, la France est à la croisée des chemins en matière de transition énergétique. Avec son électricité décarbonée et abondante, elle dispose d'atouts majeurs pour accélérer sa transition et réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Le plan d'électrification de l'économie attendu pour le printemps sera un élément clé de cette stratégie, et son succès conditionnera en grande partie la capacité de la France à atteindre ses objectifs climatiques.