La France a choisi de s'abstenir lors du vote d'une résolution de l'ONU proclamant la traite des esclaves africains comme "crime le plus grave contre l'humanité", préférant ne pas hiérarchiser les crimes contre l'humanité. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a justifié cette position lors d'une visite officielle au Togo en soulignant l'importance de reconnaître le passé sans établir de classement entre les souffrances infligées. Il a également plaidé pour la levée de la suspension de France 24 et Radio France internationale dans le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • La France s'abstient sur une résolution de l'ONU condamnant la traite des esclaves africains comme crime contre l'humanité
  • La position française vise à éviter de hiérarchiser les crimes contre l'humanité
  • Le ministre Jean-Noël Barrot souligne l'importance de reconnaître le passé sans compétition de souffrances

Contexte de la résolution de l'ONU

La résolution, adoptée par 123 voix pour, condamne la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains comme les crimes les plus graves contre l'humanité. Elle encourage les États à engager des actions de justice pour réparer les torts du passé, incluant des excuses formelles, des compensations pour les descendants des victimes, des politiques de lutte contre le racisme et la restitution des biens culturels et spirituels pillés.

Les propos de Jean-Noël Barrot

Lors de sa déclaration, Jean-Noël Barrot a affirmé : "Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c'est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de provoquer aujourd'hui." Il a souligné la nécessité de réaliser un travail de mémoire et de vérité sur le passé, tout en reconnaissant ses aspects sombres et positifs.

Et maintenant ?

La position de la France soulève des questions sur la reconnaissance des crimes historiques et les actions à entreprendre pour garantir la justice et la réparation. Les prochaines étapes pourraient inclure des discussions approfondies au niveau international sur la mémoire collective et les responsabilités des États.