La psychologue Vedika Sukhatme explique que « la génération Z fait état de niveaux de stress, d’angoisse et de dépression sensiblement plus élevés que les générations précédentes ». Cette déclaration reflète une tendance observée chez les jeunes de la Gen Z, qui semblent délaisser les boîtes de nuit et les soirées dansantes pour d’autres activités.

Ce phénomène est particulièrement visible dans les grandes villes, où la fête était autrefois reine. Les boîtes de nuit, déjà fragilisées par la hausse des loyers, en pâtissent désormais. D’après une étude menée par le Financial Times sur 15 métropoles mondiales, « entre 2014 et 2024, la proportion de soirées en club au-delà de 3 heures du matin a baissé dans 12 d’entre elles ».

Les raisons du déclin

Il existe plusieurs raisons qui pourraient expliquer ce déclin. Patrick Hinton, rédacteur en chef du magazine musical britannique Mixmag, rappelle que la pandémie de Covid-19 et les confinements ont également beaucoup contribué à détourner les adolescents des pistes de danse. « Ceux qui approchaient la vingtaine, soit l’âge où débute souvent la vie de noctambule, n’ont jamais pris l’habitude de sortir en club ».

Le facteur économique joue également un rôle important. Les jeunes ont moins d’argent et moins d’occasions de sortir, ce qui les amène à préférer des activités plus abordables et plus confortables, comme les soirées jeux, les soirées films ou les soirées cocooning sans alcool, entre amis et chez soi.

Le rôle des téléphones portables

La présence des téléphones portables est un autre facteur qui influence le comportement des jeunes dans les boîtes de nuit. The Washington Post accuse l’omniprésence des téléphones portables, qui peut rendre les jeunes plus conscients de leur image et de leur comportement en public. « Danser peut aujourd’hui avoir des conséquences sociales. On a peur du regard des autres, peur d’être filmé à son insu, ou même de voir son image projetée sur écran géant ».

Ce phénomène a été observé par le DJ Kaytranada, qui a dénoncé le fait que lors de ses spectacles, le public mettait davantage d’énergie à enregistrer le spectacle plutôt qu’à danser « comme avant ». Le rappeur Tyler the Creator a également déploré le fait que cette surveillance constante était une menace en train de tuer la danse.

La danse dans l’ère numérique

Mais la danse n’est pas nécessairement en voie de disparition. The Washington Post nuance tout de même le tableau, en affirmant que « si on danse moins en club, c’est peut-être que comme tout le reste, la danse est passée sur nos écrans ». Les vidéos devenant virales, filmées dans des contextes quotidiens, et l’avènement d’icônes de la Gen Z célèbres pour leurs chorégraphies, en sont la preuve.

En effet, la danse est devenue une partie intégrante de la culture numérique, avec des millions de vidéos de danse partagées sur les réseaux sociaux chaque jour. Les jeunes peuvent désormais danser et partager leurs performances avec le monde entier, sans avoir besoin de sortir en boîte de nuit.

Conclusion et perspectives

En conclusion, le déclin des boîtes de nuit et des soirées dansantes chez les jeunes de la Gen Z est un phénomène complexe, influencé par de nombreux facteurs. Alors que les boîtes de nuit ferment ou réduisent leurs heures d’ouverture, il est important de se demander ce que l’avenir réserve à la danse et à la culture nocturne.

Quelles seront les prochaines tendances en matière de divertissement et de loisirs pour les jeunes ? Les boîtes de nuit pourront-elles s’adapter aux nouveaux comportements et préférences des jeunes, ou disparaîtront-elles définitivement ? Seules le temps et les choix des jeunes pourront répondre à ces questions.