Depuis le début de la guerre opposant l'Iran à Israël et aux États-Unis, près de 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur du pays, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Cette situation alarmante fait suite aux frappes américano-israéliennes en Iran, déclenchées le 28 février dernier. D'après nos confrères de BMF - International, de nombreux Iraniens ont décidé de traverser la frontière turco-iranienne pour fuir les bombes.

Ces derniers jours, la frontière turco-iranienne, à Kapilkoy, est devenue l'une des rares voies de sortie d'Iran. Merhdad, un Iranien qui s'apprête à fuir Téhéran via ce poste frontière, a déclaré à nos confrères de BMF - International : « C'était trop dangereux ». Il a ajouté : « Toutes les trois heures, on entendait les avions de l'armée et les bruits », en imitant les bruits des bombardements. « C'est notre pays, c'est chez nous, c'est notre histoire, nos souvenirs, j'ai fermé la porte à clé et j'ai dit au revoir à ma maison », a-t-il confié, expliquant que la situation était devenue trop dangereuse sur place.

Ce qu'il faut retenir

  • 3,2 millions d'Iraniens déplacés à l'intérieur du pays
  • Frappes américano-israéliennes en Iran déclenchées le 28 février
  • Frontière turco-iranienne, à Kapilkoy, devenue l'une des rares voies de sortie d'Iran

Les réactions des Iraniens

Nombreux sont ceux qui montent à bord de camionnettes ou de taxis en direction de la plus grande ville de la région pour fuir le pays. Une femme, qui a préféré cacher son visage pour éviter les représailles du régime iranien, a expliqué à nos confrères de BMF - International : « Nous ne sommes pas en colère contre Israël ni contre les États-Unis. La situation de notre pays est très dangereuse et nous espérons que notre Iran sera libéré vite ».

À contrario, d'autres Iraniens prennent le chemin inverse de porte frontière pour retrouver au pays, à l'image d'Ali, qui rentre « pour se battre contre les Américains et les Israéliens ». L'homme, fervent défenseur du régime, assure que la guerre n'est pas importante pour lui. « Nous sommes Iraniens avant tout », a-t-il affirmé. Abbas, également défenseur du régime iranien, a déclaré : « Pourquoi une révolution ? L'ennemi nous attaque, nous devons nous défendre ».

Le contrôle du régime iranien

Pour ceux qui sont restés sur place, le régime iranien continue de contrôler et réprimer la population, notamment en donnant des consignes très strictes en période de guerre. Un Iranien, qui souhaite rester anonyme, a indiqué que les responsables du pouvoir judiciaire ont déclaré que quiconque scanderait des slogans, manifesterait de la joie ou transmettrait des informations serait considéré comme « ennemi de Dieu », et que son sang pouvait être versé.

Malgré l'atmosphère de terreur qui règne dans le pays, l'homme raconte que plusieurs Iraniens « passent leur tête par leur fenêtre, crier de joie et rire » lors des bombardements. « Cela ne signifie pas que nous sommes heureux de voir le pays souffrir (...) mais c'est le résultat de l'incompétence, de l'imprudence et des crimes de la République islamique », a-t-il ajouté.

La propagande du régime iranien

La propagande du régime iranien se poursuit également à la télévision de l'État, comme le raconte un habitant d'Ispahan, qui a témoigné de manière anonyme sur notre antenne. « La télévision dit que nous avons coulé un navire américain (...) et tuer tous les Américains (...) mais personne n'y croit », a-t-il rapporté. « Paradoxalement, je vois des personnes qui prient pour la sécurité des pilotes Américains et Israéliens et qu'ils puissent frapper le régime avec le plus de précision possible », a-t-il raconté.

Et maintenant ?

Les inquiétudes auprès de certains Iraniens se sont accentuées ce jeudi, après la diffusion du premier message écrit et non en vidéo, du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, blessé lors d'un bombardement. Cette communication laisse planer le doute sur son état de santé. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'issue de ce conflit et les conséquences pour la population iranienne.

En conclusion, la situation en Iran reste très tendue et incertaine. Les Iraniens attendent avec anxiété les prochaines étapes de ce conflit et les conséquences qui en découlent. Les questions sur l'avenir de l'Iran et sur la capacité du régime à maintenir son contrôle sur la population restent en suspens.