Alors que le conflit au Moyen-Orient fait rage, certains résidents de Dubaï se trouvent confrontés à un choix difficile : retourner dans leur pays d’origine et risquer de perdre leur statut fiscal avantageux ou braver les missiles et les drones pour conserver leurs avantages fiscaux. Selon nos confrères de Le Figaro, une partie des expatriés qui ont fui les Émirats arabes unis (EAU) au début du conflit cherchent déjà à retourner dans la région pour éviter de perdre leur statut de résident fiscal.
La capitale économique des EAU, Dubaï, a été la cible de plusieurs missiles et drones iraniens depuis le début du conflit. Ce samedi 7 mars, plusieurs pays du Golfe ont de nouveau été visés par des missiles et des drones. La semaine passée, de nombreux expatriés, dont 750 Français, ont repris le chemin de leur patrie d’origine. Cependant, l’inquiétude de certains d’entre eux n’aura pas duré longtemps, à en croire les questions qu’ils se posent déjà.
Ce qu'il faut retenir
- Les résidents de Dubaï risquent de perdre leur statut fiscal avantageux s’ils ne respectent pas les conditions de résidence dans les EAU.
- La règle des 183 jours de résidence dans les EAU sur une période de 12 mois consécutifs est une des conditions pour bénéficier du régime fiscal avantageux.
- Les expatriés qui ont fui les EAU au début du conflit cherchent déjà à retourner dans la région pour conserver leurs avantages fiscaux.
Les conditions de résidence fiscale aux EAU
Pour être reconnu résident fiscal aux EAU, il y a aujourd’hui deux voies principales : soit passer au moins 183 jours sur une période de 12 mois consécutifs dans le pays, soit y passer au moins 90 jours dans l’année et avoir un visa de résidence valable, un logement permanent et un emploi ou une entreprise sur place. La règle des « 183 jours » ne se calcule pas forcément sur l’année calendaire. Ainsi, un expatrié qui a déjà passé trop peu de jours aux EAU sur la fin 2025 voit d’un mauvais œil chaque semaine supplémentaire « coincé » en Europe début 2026.
Selon Charles Robinson, le fondateur d’Enterjet, plateforme britannique de réservation de jet privé, « Étant donné le nombre minimum de jours requis au cours d’une année pour bénéficier du régime fiscal, certains semblent devoir retourner dans la région pour compléter leur nombre de jours ». Contacté par Le Figaro, Charles Robinson précise : « Ces dernières 24 heures, nous avons une quarantaine de clients qui nous ont contactés pour affréter un vol retour dans la région, certains pour des raisons fiscales, dont certains au départ de Paris ».
Les conséquences d’un retour en Europe
En cas de retour en Europe, les expatriés risquent de perdre leur statut fiscal avantageux et de devoir payer des impôts dans leur pays d’origine. La convention fiscale France-Émirats définit la résidence fiscale et fixe une hiérarchie de critères. La situation géographique des intérêts vitaux (famille nucléaire et intérêts économiques) passe en premier, puis le nombre de jours passés dans le pays, puis, en dernier ressort, la nationalité.
Un expatrié rentré en France avec sa famille, salarié d’une entreprise française, peut donc théoriquement être requalifié résident fiscal français même avant d’avoir dépassé un nombre précis de jours. Cependant, selon Martin Collet, professeur de droit fiscal à l’université Paris-Panthéon-Assas, « les risques sont en pratique très faibles » et les administrations fiscales savent s’adapter pour tenir compte des situations exceptionnelles.
En conclusion, la guerre au Moyen-Orient a créé un dilemme pour les résidents de Dubaï qui doivent choisir entre leur sécurité et leurs avantages fiscaux. Il est important de suivre de près les développements de la situation et les décisions des autorités fiscales pour savoir comment les expatriés seront affectés.
