Partout en France, des médias et des journalistes ont récemment été confrontés à des procédures judiciaires pour avoir simplement exercé leur métier. En Bretagne, la journaliste Inès Léraud, enquêtant sur l'agro-industrie, a remporté en 2025 sa troisième procédure en diffamation. À Paris, le média La Lettre doit se défendre devant le tribunal des activités économiques pour avoir publié le contenu d'un audit mené à la Monnaie de Paris, l'établissement public invoquant une violation du secret des affaires.

Ces procédures-bâillons, visant à faire taire les voix critiques, ont pour but de contraindre les cibles à mobiliser de l'énergie et des ressources financières pour se défendre face à des poursuites longues, coûteuses et inégales. Elles prospèrent en toute impunité, utilisées par des personnalités publiques et des multinationales pour menacer ceux qui dévoilent des informations sur leurs activités. Les journalistes ne sont pas les seuls visés, les associations, syndicats, universitaires et lanceurs d'alerte y sont également confrontés.

Ainsi, l'association Greenpeace France a dû affronter des poursuites engagées par TotalEnergies après la publication d'un rapport remettant en cause les calculs d'émissions de CO2 de l'entreprise. Le professeur de droit Laurent Neyret a lui aussi été poursuivi en diffamation par l'entreprise Chimirec, sans succès, après avoir analysé un arrêt en droit de l'environnement. L'agricultrice Valérie Murat, dénonçant les pesticides dans le vin, a été condamnée à verser 125 000 euros de dommages et intérêts pour dénigrement après des poursuites intentées par le Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux en 2021.

Ce qu'il faut retenir

  • Les procédures-bâillons visent à faire taire les voix critiques en mobilisant des ressources considérables.
  • Personnalités publiques et multinationales utilisent ces procédures pour menacer les informateurs.
  • Les journalistes, associations, universitaires et lanceurs d'alerte sont régulièrement confrontés à ces pratiques abusives.

Impunité des procédures-bâillons

Ces attaques judiciaires visent à museler toute critique et à dissuader toute révélation gênante. Elles représentent un réel danger pour la liberté d'expression et le travail d'investigation des journalistes.

Réactions et conséquences

Face à ces pressions judiciaires, de nombreux acteurs de la société civile se mobilisent pour dénoncer ces pratiques et défendre la liberté d'informer. Des associations et des personnalités publiques appellent à renforcer la protection des lanceurs d'alerte et des journalistes pour garantir la transparence et la démocratie.

Et maintenant ?

Il est crucial de rester vigilant face à ces tentatives d'intimidation et de promouvoir un cadre juridique protecteur pour les acteurs de l'information et de la société civile.

Conclusion

Les procédures-bâillons représentent une menace pour la liberté d'expression et la démocratie en France. La société civile doit rester mobilisée pour défendre les valeurs fondamentales de transparence et de liberté d'informer.