Une découverte insolite a été exhumée à Dortmund il y a près de 150 ans. Un coffret en bois, dissimulé dans un mur lors de la démolition d’une maison en 1880, renfermait une poupée de bois aux traits humanoïdes, accompagnée d’une illustration représentant un homme pendu. Selon Courrier International, qui relate l’histoire rapportée par Der Spiegel, cet objet, classé sous le numéro d’inventaire C301 au musée d’Art et d’Histoire de la culture de Dortmund depuis au moins 1886, porte la mention « Mandragore et petit cercueil ». Une pièce dont la fabrication remonterait au XVIIe siècle.

Ce qu'il faut retenir

  • Une découverte fortuite en 1880 à Dortmund, lors de la démolition d’une maison, révèle un coffret contenant une poupée de bois aux traits humanoïdes.
  • Le coffret, classé sous le numéro C301 au musée de Dortmund depuis 1886, porte la mention « Mandragore et petit cercueil ».
  • Selon les estimations, cette pièce aurait été fabriquée au XVIIe siècle, époque où la mandragore était entourée de croyances magiques.
  • La mandragore, racine associée à des pouvoirs surnaturels, était souvent représentée comme un homoncule aux traits humains.
  • Ce type d’objet, censé favoriser la fertilité ou porter chance, s’inscrit dans les traditions médiévales et alchimiques.

Une légende liée à une plante aux vertus mystérieuses

La mandragore, Mandragora officinarum, est une plante méditerranéenne dont la racine, lorsqu’elle est récoltée, peut prendre une forme évoquant un corps humain miniature. Cette particularité a nourri, depuis l’Antiquité, un ensemble de croyances et de rituels. Selon les textes médiévaux, cette racine était réputée pour ses propriétés magiques, allant jusqu’à être associée à des récits aussi surprenants que celui d’un homme pendu, dont le sperme aurait « engendré » la plante. Une légende qui, selon les spécialistes, trouve son origine dans la forme de la racine et son utilisation dans des pratiques alchimiques ou chamaniques.

Les représentations de la mandragore sous forme d’homoncule – un petit être humanoïde – se multiplient dans les grimoires et traités de botanique du Moyen Âge. Dans le Tacuinum Sanitatis, un manuel médiéval du XIVe siècle inspiré d’un traité arabe du XIe siècle, la plante est souvent illustrée avec des traits humains, renforçant son image d’objet à la fois médicinal et magique. — Cette association entre la forme de la racine et des symboles humains a donné naissance à des rituels précis pour sa récolte, impliquant parfois des animaux ou des humains.

Un coffret aux origines troubles, conservé comme une relique

Le coffret découvert à Dortmund contenait non seulement la poupée de bois, mais aussi une illustration représentant un homme pendu, un détail qui n’est pas anodin. Selon Der Spiegel, cité par Courrier International, l’ouvrier ayant mis au jour l’objet aurait d’abord essuyé la poussière du couvercle avant de découvrir l’image. L’ouverture du coffret aurait révélé une poupée aux « grands yeux, longues jambes et barbe hérissée », des caractéristiques typiques des représentations de mandragores humaines.

Plutôt que de détruire l’objet, l’ouvrier l’a conservé, avant qu’il ne soit remis à un supérieur, puis déposé au musée de Dortmund. Depuis au moins 1886, il est conservé sous le numéro C301, avec la mention « Mandragore et petit cercueil ». — Une preuve de la valeur attribuée à cet artefact, bien au-delà d’un simple objet folklorique. Les experts estiment que cette pièce, fabriquée au XVIIe siècle, reflète les croyances de l’époque, où la frontière entre médecine, magie et superstition était ténue.

Entre médecine traditionnelle et magie noire

La mandragore a longtemps été utilisée en Europe pour ses prétendues propriétés aphrodisiaques, anesthésiantes ou même comme talisman. Dans les traités de médecine médiévale, elle est décrite comme une plante capable de guérir une multitude d’affections, allant des troubles digestifs aux problèmes de fertilité. Cependant, son usage était souvent entouré de précautions. — Les textes alchimiques, comme ceux de Paracelse au XVIe siècle, recommandaient de la récolter à l’aide d’un chien, voire d’un humain, pour éviter les dangers liés à ses vapeurs toxiques.

Les croyances populaires attribuaient aussi à la mandragore des pouvoirs maléfiques. On la disait capable de crier lorsqu’on la déracinait, un bruit si perçant qu’il pouvait tuer celui qui l’entendait. Pour contourner ce danger, les récolteurs attachaient un chien à la plante, puis le faisaient courir jusqu’à ce que la racine se détache. — Une pratique qui illustre l’ambivalence de cette racine, à la fois vénérée et craintive dans l’imaginaire collectif.

Et maintenant ?

Si la mandragore continue de fasciner les historiens et les passionnés de symbolisme médiéval, son étude soulève encore des questions. Les musées européens, comme celui de Dortmund, conservent des artefacts similaires, mais leur interprétation reste parfois sujette à débat. Pour les chercheurs, ces objets offrent un éclairage sur les pratiques médicales et magico-religieuses d’autrefois, même si leur authenticité et leur usage précis restent difficiles à établir avec certitude.

Les prochaines décennies pourraient voir émerger de nouvelles analyses, notamment grâce aux techniques d’imagerie ou d’ADN, permettant de mieux comprendre la composition de ces poupées ou coffrets. En attendant, leur préservation dans les collections publiques assure qu’ils resteront des témoins tangibles d’un passé où science et superstition se mêlaient étroitement.

Reste à savoir si d’autres découvertes similaires viendront, un jour, enrichir notre connaissance de ces artefacts aux confins de la botanique, de l’alchimie et du folklore.

La mandragore, dont la racine peut évoquer une silhouette humaine, était au cœur de croyances médiévales selon lesquelles elle possédait des propriétés magiques. Son usage en médecine traditionnelle, couplé à sa forme anthropomorphe, en a fait un symbole à la fois thérapeutique et occulte. Les récits évoquant son « engendrement » par un pendu ou ses cris mortels à l’arrachage illustrent cette perception ambivalente entre remède et danger.