La fiscalité sur les salaires atteint en 2025 son plus haut niveau depuis dix ans dans les pays de l’OCDE, selon BFM Business. Cette pression fiscale particulièrement forte en France, où les cotisations patronales très élevées réduisent fortement le salaire net et risquent de freiner l’emploi et les embauches.

Les syndicats battent le pavé vendredi contre l'austérité, pour les salaires et l'égalité femmes-hommes. Dans les pays développés, les impôts sur les salaires atteignent désormais leur niveau le plus élevé depuis près de dix ans. En 2025, un salarié célibataire sans enfant rémunéré au salaire moyen supporte en moyenne un « coin fiscal » de 35,1% dans les 38 pays de l’OCDE, contre 34,9 % en 2024.

Ce qu'il faut retenir

  • La pression fiscale sur les salaires atteint son plus haut niveau depuis dix ans dans les pays de l'OCDE.
  • La France a la 3ème pression fiscale la plus élevée de l'OCDE, avec un « coin fiscal » de 47,2%.
  • Les cotisations patronales représentent le plus gros poste de la pression fiscale en France, avec un poids de 82% dans le « coin fiscal ».

La pression fiscale sur les salaires en France

En France, le « coin fiscal » représente les impôts sur le revenu plus les cotisations sociales patronales et salariales. Concrètement, quand on dit qu’en moyenne le coin fiscal est de 35,1%, cela signifie que sur 100 euros dépensés par l’employeur pour un salarié, environ 35,10 euros vont aux impôts et cotisations, et environ 64,90 euros reviennent au salarié sous forme de salaire net et avantages.

Or, en France, quand un employeur dépense 100 euros pour un salarié, ce dernier ne reçoit « que » 52,80 euros. Un Britannique reçoit lui 67,60 euros et un Américain 70 euros. Avec certes des niveaux de protection sociale moins importants.

Les conséquences de la pression fiscale sur les salaires

La pression fiscale sur les salaires a progressé dans 24 des 38 pays de l’OCDE en 2025, n’a baissé que dans 11 pays et est resté stable dans trois. Pour de nombreux gouvernements, les revenus du travail apparaissent comme une base fiscale simple à mobiliser afin d’augmenter rapidement les recettes publiques.

Aujourd’hui, environ la moitié des recettes fiscales des pays riches provient déjà de la taxation du travail. Mais depuis 2000, les pays de l'OCDE ont eu tendance à réduire davantage les impôts pour les travailleurs percevant des revenus faibles que pour ceux percevant des revenus moyens ou élevés.

Les exemples de pays avec une pression fiscale élevée

Le Royaume-Uni a enregistré la hausse la plus spectaculaire, avec une augmentation de 2,45 points du « coin fiscal » d’un salarié célibataire type, pour atteindre 32,4% du coût du travail. Cette progression s’explique par l’augmentation des cotisations patronales à l’assurance nationale et par le « freinage fiscal », c'est-à-dire que les barèmes fiscaux n'ont pas « été revalorisés au rythme de l’inflation », les salariés ont donc basculé vers des tranches d’imposition plus élevées sans gain réel de pouvoir d’achat.

Et maintenant ?

La hausse continue de la fiscalité sur le travail risque toutefois de fragiliser le marché de l’emploi. En réduisant le salaire net perçu par les travailleurs et en augmentant le coût de la main-d’œuvre pour les employeurs, elle peut freiner les embauches et décourager le travail. Les économistes soulignent que taxer le travail reste politiquement plus facile que taxer le capital, mais que cette stratégie pourrait peser sur la croissance et l’emploi au moment même où plusieurs économies font déjà face au ralentissement économique, au vieillissement de la population et à des dépenses publiques croissantes.

Les pays européens restent ceux où la taxation du travail est la plus forte. La Belgique arrive largement en tête avec un « coin fiscal » de 52,5% pour un salarié célibataire sans enfant. Viennent ensuite l’Allemagne avec 49,3% et donc la France. D’autres pays ont également renforcé la pression sur les salaires. En Estonie, le taux d’impôt sur le revenu est passé de 20% à 22% en 2025.