La Commission européenne devrait entamer la révision de la directive Services de médias audiovisuels (SMA) début mai, une étape attendue avec anxiété par les producteurs indépendants, selon nos confrères de Le Monde. Juliette Prissard, déléguée générale d’Eurocinéma, une association représentant les intérêts de producteurs de films et de programmes audiovisuels indépendants, craint que cette révision ne conduise à une dérégulation du secteur, au détriment de la diversité culturelle.
Cette directive, dont la première version date de 1989, constitue la « clé de voûte » du système audiovisuel et cinématographique en Europe. Elle impose aux chaînes de télévision de diffuser et de produire un quota d’œuvres européennes et de faire appel à des producteurs indépendants, c’est-à-dire sans lien capitalistique avec les télévisions. Des obligations analogues sont imposées aux plateformes de vidéo à la demande (VOD), y compris non européennes.
Ce qu'il faut retenir
- La révision de la directive Services de médias audiovisuels (SMA) devrait commencer début mai.
- Les producteurs indépendants craignent une dérégulation du secteur au détriment de la diversité culturelle.
- La directive SMA impose aux chaînes de télévision et aux plateformes de VOD de diffuser et de produire un quota d’œuvres européennes.
Contexte et enjeux
Les appels à la dérégulation se sont multipliés ces derniers mois, notamment de la part de l’administration Trump, qui considère les obligations d’investissement dans la création comme « un vrai problème » et « une entrave au marché européen pour les entreprises américaines », selon Juliette Prissard. Les plateformes de vidéo à la demande (VOD) et l’Association des chaînes de télévision privées (ACT) partagent cette position.
La révision de la directive SMA pourrait constituer un « point de bascule » pour le secteur audiovisuel, selon Juliette Prissard. Les producteurs indépendants redoutent que la suppression des obligations de diffusion et de production d’œuvres européennes ne conduise à une homogénéisation de la offre culturelle et à la disparition de la diversité culturelle.
Les positions des acteurs
Juliette Prissard a déclaré que « l’obligation faite aux chaînes de télévision de diffuser et de produire un quota d’œuvres européennes » est « essentielle pour préserver la diversité culturelle ». Elle a également souligné que les producteurs indépendants « sont les seuls à prendre des risques pour produire des œuvres innovantes et de qualité ».
D’un autre côté, les plateformes de VOD et les chaînes de télévision privées estiment que les obligations de diffusion et de production d’œuvres européennes sont trop contraignantes et freinent leur développement.
En conclusion, la révision de la directive SMA suscite des inquiétudes chez les producteurs indépendants, qui craignent une dérégulation du secteur au détriment de la diversité culturelle. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l’avenir du secteur audiovisuel en Europe.
