Le concept de "cancer backlash" a été forgé par Marc Billaud et Pierre Sujobert dans une tribune publiée en janvier, pour décrire l'offensive idéologique qui accompagne la démolition des normes de protection de l'environnement et de la santé publique.
Ces deux experts, un chercheur en cancérologie au CNRS et un professeur de médecine à l'université Lyon-I, expliquent que le cancer backlash réduit la maladie aux comportements individuels et la naturalise en la dépolitisant. Selon eux, l'augmentation de l'incidence du cancer serait principalement liée à la consommation de tabac et d'alcool et à l'allongement de l'espérance de vie, sans tenir compte des déterminants socio-économiques, de la dégradation de l'environnement et des réglementations laxistes ou absentes.
Les similitudes avec le climatoscepticisme
Le discours du cancer backlash présente de nombreuses analogies avec la campagne climatosceptique qui s'est déployée après la remise du quatrième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat en 2007. Dans les deux cas, l'accroissement des connaissances déclenche un contre-discours, souvent porté par des scientifiques ou médecins s'exprimant hors de leur champ d'expertise.
Ce contre-discours se caractérise par un mélange de contrevérités, d'omissions et de sophismes, accompagné de plaidoyers pour la rigueur et la science. Les chercheurs spécialistes de leur sujet, qui s'engagent, sont affublés des mêmes qualificatifs : "militants", "marchands de peur", etc.
Les responsables politiques et les industriels
Le cancer backlash est le compagnon rêvé des responsables politiques et des industriels à la recherche de cautions scientifiques déculpabilisantes. Ces jours-ci, la demande est forte, et les journaux qui propagent la rhétorique du cancer backlash sont ceux qui alimentaient le climatoscepticisme il y a quinze ans.
Les chercheurs et les experts doivent donc être vigilants et continuer à alerter l'opinion publique sur les dangers du cancer backlash et de ses conséquences sur la santé publique et l'environnement.
Les enjeux plus larges
Le cancer backlash soulève des enjeux plus larges sur la manière dont nous abordons les questions de santé publique et d'environnement. Il met en lumière la nécessité d'une approche plus globale et plus intégrée, qui prend en compte les déterminants socio-économiques et environnementaux de la santé.
Il est essentiel de promouvoir une culture de la prévention et de la responsabilité, qui implique tous les acteurs de la société, notamment les responsables politiques, les industriels et les citoyens. Nous devons travailler ensemble pour protéger la santé publique et l'environnement, et pour prévenir les maladies liées à la pollution et aux facteurs de risque environnementaux.
Le cancer backlash est une offensive idéologique qui accompagne la démolition des normes de protection de l'environnement et de la santé publique, en réduisant la maladie aux comportements individuels et en la naturalisant.
