Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, Moscou est contraint de revoir sa stratégie de transferts de fonds dans le monde. Selon nos confrères de Cryptoast, les canaux traditionnels tels que le système bancaire SWIFT sont devenus plus lents, plus risqués, voire, dans certains cas, inaccessibles pour la Russie.

Le Kremlin s'est alors rapidement tourné vers la cryptomonnaie comme système alternatif, système devenu aujourd'hui le cœur de la stratégie russe pour maintenir les échanges commerciaux. Cette décision a été motivée par la nécessité de contourner les sanctions occidentales qui ont été imposées à la Russie.

Ce qu'il faut retenir

  • La Russie utilise la cryptomonnaie pour contourner les sanctions occidentales.
  • Le stablecoin USDT est utilisé pour les paiements transfrontaliers.
  • Un stablecoin adossé au rouble, appelé A7A5, a été mis en place pour échapper au contrôle des banques occidentales.

La réponse de la Russie face aux sanctions

Avant la guerre en Ukraine, la Banque de Russie était l'une des banques centrales majeures les plus sceptiques à l'égard de la crypto. Cependant, en juillet 2024, les parlementaires russes ont adopté une nouvelle loi autorisant les entreprises à utiliser des cryptomonnaies pour le commerce international dans le cadre d'une expérimentation supervisée par la banque centrale.

Yuri Chekhanchin, chef de l'organisme de la régulation russe, a déclaré : « C'est un besoin pour les entreprises, notamment dans les cas impliquant des mécanismes de sanctions, lorsqu'elles ont besoin d'accéder au marché international, et cela ne peut pas toujours être résolu par les méthodes habituelles. »

A7A5 : Le stablecoin adossé au rouble

Parallèlement à l'utilisation de la crypto par la Russie, un autre projet est en train de voir le jour. En effet, un stablecoin adossé au rouble a été mis en place dont le principal but est d'échapper au contrôle des banques occidentales. Le projet se nomme A7A5, un stablecoin lancé en janvier 2025 par la fintech A7 et la Promsvyazbank (PSB), basée au Kirghizistan.

Irina Akopyan, directrice générale d'A7, a déclaré : « Les restrictions occidentales, y compris la déconnexion de plusieurs banques du système Swift, ont sérieusement compliqué les paiements internationaux. Cela oblige les entreprises et les intermédiaires financiers à chercher de nouveaux moyens de régler leurs comptes avec des partenaires étrangers. »

Les exchanges russes, un réseau fantôme

Dans son dernier rapport, Elliptic a identifié un véritable réseau fantôme comprenant des plateformes russes qui ont comme unique but de faciliter la conversion de roubles en crypto et permettre ainsi le transfert de fonds à l'abri des regards occidentaux. La crypto a alors permis à la Russie de développer une véritable économie parallèle, dépannant les utilisateurs russes et les entreprises sous sanctions.

Officiellement, dans le pays, la crypto n'est toujours pas reconnue comme un moyen de paiement légal, et la banque centrale a souligné à maintes reprises que l'expérimentation de règlement crypto pour le commerce extérieur ne modifie pas cette position.

Et maintenant ?

L'Union européenne cherche à interdire toutes les transactions crypto avec la Russie, dans le but d'empêcher Moscou d'utiliser des actifs situés en dehors du système bancaire traditionnel pour contourner les sanctions. La confrontation entre la Russie et les autorités occidentales permettra de déterminer si la crypto demeure un outil efficace pour contourner les sanctions ou non.

Les prochaines échéances seront cruciales pour déterminer l'avenir de la crypto en Russie et son rôle dans le contournement des sanctions. Il reste à voir comment les autorités russes et occidentales réagiront aux développements futurs dans ce domaine.

En conclusion, la Russie a trouvé un moyen de contourner les sanctions occidentales en utilisant la cryptomonnaie, mais il est encore trop tôt pour dire si cette stratégie sera efficace à long terme. Les enjeux sont importants, et les conséquences de cette situation pourraient avoir des répercussions mondiales.