La Suède a officiellement atteint son objectif de réduire la part des fumeurs quotidiens à moins de 5 % de la population, comme le rapporte Ouest France dans un rapport publié ce lundi 25 mai 2026. Une avancée significative pour ce pays nordique, qui s’était fixé ce cap dans le cadre de sa stratégie nationale de lutte contre le tabagisme. Pourtant, malgré ce succès, la consommation de nicotine sous d’autres formes persiste, soulevant de nouvelles questions sur les prochaines étapes de la politique de santé publique suédoise.

Ce qu'il faut retenir

  • La Suède compte désormais moins de 5 % de fumeurs quotidiens, un objectif atteint en 2025 comme prévu.
  • Ce résultat s’inscrit dans une politique de santé publique visant à devenir un « pays sans tabac » d’ici 2025.
  • Cependant, une partie de la population continue de consommer de la nicotine sous d’autres formes, comme les sachets ou les produits à base de nicotine.
  • Le rapport souligne que cette consommation alternative pourrait freiner la baisse globale de la dépendance à la nicotine.
  • Les autorités suédoises devront désormais adapter leur stratégie pour cibler ces nouvelles formes de consommation.

Un objectif historique atteint en Suède

Avec un taux de fumeurs quotidiens désormais inférieur à 5 %, la Suède franchit une étape majeure dans sa politique de santé publique. Ce résultat, confirmé par les dernières données officielles, place le pays parmi les leaders européens en matière de réduction du tabagisme. « Cet objectif était ambitieux, mais il montre que des politiques volontaristes peuvent porter leurs fruits », a souligné un responsable du ministère suédois de la Santé. La Suède avait lancé son plan anti-tabac en 2016, avec pour ambition de devenir le premier pays « sans tabac » d’Europe d’ici 2025.

Pour y parvenir, les autorités ont mis en place des mesures strictes : augmentation des taxes sur les cigarettes, interdiction de la publicité pour le tabac, et soutien aux programmes de sevrage. Les résultats sont là : entre 2016 et 2026, la part des fumeurs en Suède est passée de près de 11 % à moins de 5 %. Une baisse spectaculaire qui contraste avec la moyenne européenne, où le taux reste supérieur à 20 %.

La nicotine persiste sous d’autres formes

Si le nombre de fumeurs quotidiens a chuté, la consommation de nicotine n’a pas disparu pour autant. Selon le rapport d’Ouest France, une part non négligeable de la population suédoise continue de s’exposer à la nicotine, notamment via les sachets de nicotine (snus) ou les produits chauffés. Ces alternatives, bien que moins nocives que la cigarette, ne sont pas sans risques pour la santé à long terme.

« Le défi maintenant est de réduire cette consommation parallèle, qui maintient une dépendance à la nicotine », a expliqué une experte en santé publique interrogée par le quotidien. Les autorités suédoises envisagent d’étendre les restrictions aux produits de nicotine non combustibles, mais cette mesure reste sujette à débat. Certains craignent qu’une interdiction trop stricte ne pousse les consommateurs vers le marché noir, comme cela a été observé dans d’autres pays.

Quelles sont les prochaines étapes pour la Suède ?

La Suède devra désormais définir de nouveaux objectifs pour poursuivre sa lutte contre le tabagisme et la dépendance à la nicotine. Plusieurs pistes sont envisagées : renforcer les campagnes de prévention, élargir les aides au sevrage, ou encore encadrer davantage la vente de produits à base de nicotine. Une consultation publique est prévue d’ici la fin de l’année 2026 pour recueillir l’avis des citoyens et des professionnels de santé.

« Nous ne pouvons pas nous contenter de ce résultat, même s’il est encourageant », a déclaré un représentant de l’Agence suédoise du médicament. « Notre objectif reste d’éliminer toute forme de dépendance à la nicotine d’ici 2030. »

Et maintenant ?

D’ici 2027, la Suède pourrait adopter de nouvelles mesures pour limiter l’accès aux produits à base de nicotine, notamment en renforçant les contrôles sur les ventes en ligne. Une révision de la législation sur le snus, actuellement autorisé sous contrôle strict, n’est pas exclue. Reste à voir si ces mesures parviendront à réduire davantage la dépendance sans créer de nouveaux problèmes, comme un report vers des alternatives non régulées.

Pour l’instant, la Suède reste un modèle en Europe, mais le chemin vers une société entièrement « sans nicotine » s’annonce encore long et semé d’embûches. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si le pays parviendra à concilier réduction du tabagisme et maîtrise des nouvelles formes de consommation.

Le snus, une forme de tabac oral très populaire en Suède, est autorisé depuis des décennies, car les autorités estiment qu’il est moins nocif que la cigarette. Cependant, son usage reste encadré : il est interdit à la vente dans l’Union européenne, sauf en Suède où une dérogation historique a été accordée. Le gouvernement suédois continue de défendre cette position, arguant que le snus contribue à réduire la consommation de cigarettes.