Selon Le Monde – Politique, le groupe Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, aurait tenté d’orienter les débats d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Les éléments recueillis par le quotidien révèlent que la direction des affaires institutionnelles du groupe aurait transmis des listes de questions aux députés avant leurs auditions, reflétant une position critique envers les médias publics.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe Lagardère, dirigé par Arnaud Lagardère et contrôlé par Vincent Bolloré, aurait fourni des listes de questions à des députés avant leurs auditions.
- Ces questions s’inscriraient dans une logique hostile à l’égard de l’audiovisuel public, en phase avec les 67 auditions menées.
- La commission d’enquête, lancée en 2025, examine le rôle et le financement des médias publics en France.
- L’intervention présumée du groupe Lagardère soulève des questions sur l’indépendance des travaux parlementaires.
Une commission parlementaire sous influence ?
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public, lancée à l’automne 2025, a pour mission d’évaluer le fonctionnement et le financement des médias publics français. Selon Le Monde – Politique, des éléments indiquent que le groupe Lagardère aurait cherché à peser sur les échanges entre députés et auditionnés. Les listes de questions transmises aux élus refléteraient une hostilité marquée envers les médias publics, en écho aux 67 auditions organisées dans ce cadre.
Cette initiative intervient alors que Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe Lagardère via sa holding Vivendi, est connu pour ses prises de position critiques envers l’audiovisuel public. Le groupe, qui possède des médias comme Europe 1 ou Paris Match, entretient des relations complexes avec les institutions publiques.
Les méthodes employées par le groupe Lagardère
D’après les informations du Monde, la direction des affaires institutionnelles de Lagardère aurait adopté une stratégie proactive pour influencer les débats. Les listes de questions fournies aux députés visaient à orienter les échanges vers des thèmes récurrents, comme l’efficacité des dépenses de l’audiovisuel public ou son manque de pluralisme.
« Ces questions s’inscrivaient dans une logique de remise en cause systématique des médias publics », indique un député ayant participé aux travaux, sous couvert d’anonymat.
L’objectif apparent était de préparer les députés à adopter une posture critique lors des auditions, en phase avec les positions défendues par Vincent Bolloré. Cette démarche interroge sur la neutralité des travaux parlementaires, alors que la commission est censée rendre un rapport objectif.
Reste à savoir si les éléments rapportés par Le Monde seront corroborés par d’autres sources ou investigations. En attendant, cette affaire illustre les tensions persistantes entre les acteurs privés et les institutions publiques dans le secteur des médias.