Le président malien, Assimi Goïta, a assisté aux funérailles nationales du ministre de la Défense, Sadio Camara, tué lors d’un attentat suicide à la voiture piégée contre sa résidence, à Bamako, au Mali, le 30 avril 2026, selon Courrier International.

En février 2026, Bamako dénonçait encore comme une “intox” les rumeurs annonçant le retour de son ambassadeur à Alger. Cinq mois plus tard, le même retour est officiel. Ce revirement, acté le 10 juillet, doit beaucoup à la dégradation du rapport de force dans le nord du Mali, où la position du pouvoir de transition s’est brutalement compliquée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Mali et l'Algérie ont décidé de renouer leurs relations diplomatiques après plus d’un an de gel.
  • Le retour de l'ambassadeur malien à Alger et la réouverture de l'espace aérien aux appareils civils et militaires en provenance ou à destination de l'Algérie ont été annoncés le 10 juillet.
  • La dégradation du rapport de force dans le nord du Mali, où les groupes armés touareg et djihadistes opèrent, a poussé le Mali à rétablir un canal diplomatique direct avec l'Algérie.

Le contexte de la réconciliation

Le 19 février, le ministère des Affaires étrangères malien avait publié un démenti sec concernant les rumeurs sur le retour de l'ambassadeur à Alger, les qualifiant de “totalement fausses et sans fondement”. Cependant, le 10 juillet, cette ligne a changé, et le gouvernement de transition a annoncé le retour de son ambassadeur à Alger.

La situation dans le nord du Mali s'est détériorée depuis l’offensive coordonnée du 25 avril 2026, menée par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), qui ont mis de côté leurs rivalités pour frapper un ennemi commun : la junte de Bamako et ses alliés russes de l’Africa Corps.

Les enjeux de la réconciliation

L’Algérie partage avec le Mali près de 1 400 kilomètres de frontière, dont une large partie longe les zones où opèrent les groupes armés touareg et djihadistes. La réconciliation entre les deux pays prend tout son sens dans ce contexte, où la sécurité et la stabilité de la région sont en jeu.

Le Mali était aussi devenu l’exception au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), mais avec ce rapprochement, Bamako rejoint Niamey et Ouagadougou, qui ont déjà renoué avec l’Algérie.

Et maintenant ?

Le retour des ambassadeurs donne désormais un cadre à la disponibilité de l’Algérie pour aider le Mali, à condition que Bamako en exprime la volonté. Cela pourrait être un pas vers une résolution de la crise qui déborde les frontières du Mali.

La normalisation des relations entre l’Algérie et le Mali valide une stratégie d’attente portée par Tebboune, qui a préféré renouer avec Niamey et Ouagadougou avant de se tourner vers Bamako. Cette réconciliation pourrait avoir des implications plus larges pour la stabilité de la région sahélienne.