D'après nos confrères de BFM Business, l'Allemagne est actuellement en proie à un débat houleux sur le temps de travail. Le pays est connu pour son modèle de temps partiel, qui concerne désormais 40% des actifs allemands, soit deux fois plus qu'en France. Cependant, certains responsables politiques et patrons estiment que ce modèle est néfaste à la productivité du pays et réclament une augmentation du temps de travail.
Les Allemands pourraient-ils être sommés de travailler plus ? La question est au cœur des débats outre-Rhin depuis la proposition de la Mittelstands- und Wirtschaftsunion (Union des entreprises, des professions libérales et des travailleurs indépendants) de restreindre le recours au temps partiel. Cette association rattachée au parti CDU du chancelier Merz a jeté un pavé dans la mare en réclamant notamment la suppression de certains dispositifs comme la possibilité accordée depuis 2001 aux salariés d'entreprises de plus de 15 personnes de réclamer du temps partiel dès lors qu'ils ont au moins six mois d'ancienneté.
Ce qu'il faut retenir
- 40% des actifs allemands travaillent à temps partiel, soit deux fois plus qu'en France.
- Les patrons et certains responsables politiques estiment que ce modèle est néfaste à la productivité du pays.
- La Mittelstands- und Wirtschaftsunion réclame la suppression de certains dispositifs permettant aux salariés de réclamer du temps partiel.
- Le chancelier Merz a appelé à « travailler davantage et plus efficacement ».
Le contexte du débat
Le débat sur le temps de travail en Allemagne est d'autant plus surprenant que le taux d'emploi y atteint 78%, contre un peu plus de 69% en France. Cependant, l'Institut de recherche sur l'emploi (IAB) basé à Nuremberg et rattaché à l'Agence fédérale pour l'emploi note que si le nombre de personnes en emploi a bondi de 11% en Allemagne entre 2015 et 2025, la somme des heures travaillées n'a progressé dans le même temps que de 7%. L'augmentation du travail à temps partiel en est la première cause.
Les Français, tous emplois confondus, travaillent plus que les Allemands sur une année, avec une moyenne de 1 545 heures par an, contre 1 518 heures chez nos voisins, selon les chiffres d'Eurostat relayés par Rexecode. À l'inverse, les seuls salariés à temps complet travaillent davantage outre-Rhin, avec 1 785 heures contre 1 664 heures.
Les positions des acteurs
Friedrich Merz, le chancelier, a appelé à « travailler davantage et plus efficacement ». Le ministre-président de la Hesse, Boris Rhein, estime que le débat ne doit pas seulement porter sur le temps partiel : « En Allemagne, nous devons nous réhabituer à travailler davantage. (...) Il ne s'agit pas d'une revendication précise, mais simplement d'un débat nécessaire ». Lars Brzoska, PDG de Jungheinrich, a dénoncé le « Lifestyle-Teilzeit », soit le « mode de vie du temps partiel » qui caractériserait à ses yeux la première économie d'Europe.
Il a également regretté le manque de volonté des Allemands pour le travail et réclame désormais le passage aux 40 heures dans l'industrie : « En Allemagne, de nombreuses personnes ne sont autorisées à travailler que 35 heures par semaine, conformément à la convention collective. Et le syndicat IG Metall souhaite réduire encore ce temps de travail, bien entendu avec maintien intégral du salaire », a-t-il déclaré, prévenant qu'« à ce rythme nous serons ruinés et, à terme, plus personne n'aura d'emploi ».
Les conséquences du débat
Le débat sur le temps de travail en Allemagne a des conséquences concrètes pour les personnes directement concernées. Les salariés à temps partiel pourraient voir leur situation évoluer, tandis que les patrons et les responsables politiques sont déterminés à augmenter la productivité du pays. Cependant, l'Institut de recherche sur l'emploi estime que s'attaquer au temps partiel n'est pas la solution, car « de nombreuses personnes risqueraient de cesser toute activité professionnelle ou de réduire leur temps de travail ».
En conclusion, le débat sur le temps de travail en Allemagne est complexe et a des conséquences concrètes pour les personnes directement concernées. Il est important de prendre en compte les enjeux et les conséquences de ce débat pour l'économie allemande et pour les salariés à temps partiel. Il reste à voir comment ce débat évoluera dans les prochaines semaines.
