Le désert d’Atacama au Chili se retrouve jonché de déchets textiles provenant en grande partie de vêtements importés par l’Argentine, comme le révèle Courrier International. Cette situation inquiétante découle de l'explosion des importations de vêtements d'occasion en Argentine, passant de l'anecdotique à 12 % du total des habits arrivant dans le pays, selon ElDiarioAR. En 2024, 24 tonnes de vêtements usagés ont été importées, un chiffre qui a grimpé de manière vertigineuse à 4 600 tonnes en 2025, qualifiant ce phénomène d'“invasion”. Priscila Mukari de la Fundación Pro Tejer, association défendant l'industrie textile locale, tire la sonnette d'alarme en prévenant que si cette tendance perdure, l'Argentine risque de devenir la nouvelle décharge textile mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • Les importations de vêtements d'occasion explosent en Argentine, représentant 12 % de tous les habits arrivant dans le pays.
  • Le volume des vêtements usagés importés est passé de 24 tonnes en 2024 à 4 600 tonnes en 2025, suscitant des inquiétudes quant à l'impact environnemental.
  • La levée des restrictions aux importations et la baisse du pouvoir d'achat des Argentins sont les principaux moteurs de cette augmentation alarmante.

Contexte et évolution

Cette hausse fulgurante des importations de vêtements d'occasion s'explique en partie par la levée des barrières aux importations décidée par le président ultralibéral Javier Milei, mettant fin à des années de protectionnisme. Parallèlement, la chute du pouvoir d'achat des Argentins depuis fin 2023 incite de plus en plus de consommateurs à se tourner vers des solutions moins onéreuses, favorisant ainsi l'essor de ce marché de seconde main. ElDiarioAR souligne que la majorité de ces vêtements provient directement des décharges, mettant en lumière les dérives du modèle international de l'ultra-fast-fashion.

Réactions et enjeux

Priscila Mukari, de la Fundación Pro Tejer, met en garde contre les conséquences potentielles de cette tendance sur l'industrie textile argentine. Les acteurs locaux redoutent une concurrence déloyale et un impact environnemental majeur si rien n'est fait pour endiguer cette vague massive de vêtements usagés. Du côté des consommateurs, l'attrait pour des produits à moindre coût risque de compromettre davantage l'équilibre du secteur textile national.

Et maintenant ?

Il devient crucial pour les autorités argentines d'évaluer les risques environnementaux et économiques liés à cette importation massive de vêtements d'occasion. Des mesures visant à réguler ce marché et à promouvoir une consommation responsable pourraient s'avérer nécessaires pour prévenir une crise écologique et économique à plus long terme.