Le porte-avions Charles de Gaulle, mis en service en 2001, devrait être remplacé en 2038 par le nouveau porte-avions baptisé « France Libre » par Emmanuel Macron, selon nos confrères de Le Figaro. Cette annonce soulève des questions sur l'avenir du bâtiment actuel. Le Charles de Gaulle, seul porte-avions à propulsion nucléaire d'Europe occidentale, a participé à de nombreux théâtres d'opérations au fil des années.
La maintenance d'une quinzaine de mois dont il doit faire l'objet dès 2027 en dira davantage sur l'échéance prochaine de sa mise hors-service. Le député du Var Yannick Chenevard, rapporteur du budget de la Marine à l'Assemblée nationale, a indiqué en décembre 2025 que « compte tenu de la situation internationale, il y a besoin d'être présent partout dans le monde pour défendre nos intérêts. (...) Posséder deux porte-avions est probablement un choix qu'il faudra faire, d'ici à quelques années ».
Ce qu'il faut retenir
- Le Charles de Gaulle devrait être remplacé en 2038 par le nouveau porte-avions « France Libre ».
- Le bâtiment actuel pourrait être prolongé en service, mais cela dépendra de la résistance de ses cuves.
- La conversion en navire-musée est une possibilité, mais les bateaux-musées n'ont jamais vraiment été une réussite en France.
- Le démantèlement est l'hypothèse la plus probable, la France se chargera probablement du démantèlement nucléaire.
Les scénarios possibles
Il existe plusieurs scénarios possibles pour l'avenir du Charles de Gaulle. La prolongation en service est une possibilité, mais cela dépendra de la résistance de ses cuves. L'historien et consultant en risques internationaux Stéphane Audrand a souligné que « la question du vieillissement de la machine nucléaire du Charles de Gaulle est centrale. Dès sa mise en œuvre, la chaufferie nucléaire a une date de péremption. On pourrait gagner quelques années », mais le prolongement ne serait qu'éphémère.
La conversion en navire-musée est une autre possibilité, mais les bateaux-musées n'ont jamais vraiment été une réussite en France. Le cas du croiseur Colbert, amarré à Bordeaux en juin 1993 pour accueillir des visiteurs, est un exemple de cela. Les difficultés d'entretien du navire ont finalement conduit à la fermeture du musée au public en 2005.
Le démantèlement
Le démantèlement est l'hypothèse la plus probable, la France se chargera probablement du démantèlement nucléaire. Le spécialiste Stéphane Audrand a indiqué que « la France se chargera sans doute du démantèlement nucléaire, puisqu'elle le fait déjà pour ses sous-marins ». Le démantèlement physique de la coque ne sera pas achevé avant les dernières décennies du XXIe siècle.
Les deux porte-avions jumeaux Foch et Clemenceau, construits à la fin des années 1950, ont connu une fin de carrière plus ou moins heureuse. Le Foch a été vendu au Brésil en 2000, mais a été finalement coulé en 2023 après une longue errance sur les flots de l'Atlantique. Le Clemenceau a été désarmé en 1997 et a été démantelé en Angleterre en 2010.
La situation internationale et les besoins de la marine nationale française seront probablement les principaux facteurs qui influenceront la décision finale. Le gouvernement français devra peser les avantages et les inconvénients de chaque option et prendre une décision qui corresponde aux intérêts du pays.
