Selon BFM Business, ce lundi 4 mai est un jour symbolique pour les actifs français. C'est aujourd'hui que, d'après les calculs des économistes Erwan Tison et Maxime Sbaihi, les actifs cessent en théorie de contribuer au financement des retraites de leurs aînés.
Ce qu'il faut retenir
- Les actifs français arrêtent aujourd'hui de financer les retraites de leurs parents et grands-parents.
- En moyenne, 29,5% du salaire "superbrut" est consacré aux retraites.
- La contribution totale à la solidarité intergénérationnelle atteint 37% du coût total du travail.
- Cet effort représente environ 85 jours ouvrés, soit plus de quatre mois d'activité.
- La France se distingue en Europe par le poids de ces prélèvements.
Ce calcul se base sur le cas d'un salarié au revenu médian de 2 200 euros nets mensuels. En prenant en compte l'ensemble des cotisations destinées au financement des pensions, incluant les cotisations vieillesse de base, retraite complémentaire, contributions d'équilibre et part de CSG affectée, les économistes estiment que près de 29,5% du salaire "superbrut" est alloué aux retraites.
En plus des dépenses de santé, les plus de 60 ans, représentant un quart de la population, absorbent près de la moitié des dépenses d'assurance maladie. En intégrant les cotisations maladie et CSG, la contribution totale à la solidarité intergénérationnelle atteindrait ainsi 37% du coût total du travail, soit près de quatre euros sur dix provenant de la rémunération globale.
La situation en Europe
La France se démarque en Europe par l'importance de ces prélèvements. Seule l'Italie présente un calendrier de contribution plus tardif. En revanche, des pays comme l'Irlande ou le Danemark atteignent ce seuil dès le début du mois de mars, en partie grâce à une plus grande place accordée aux systèmes de retraite par capitalisation. L'écart avec l'Allemagne est également significatif, avec près de 24 jours de travail supplémentaires pour les actifs français par rapport à leurs homologues allemands.
Dans un tel contexte, la question de l'engagement au travail se pose inévitablement. Cette fin de contribution des actifs au financement des retraites en France soulève des interrogations sur l'allocation des ressources et l'impact sur d'autres secteurs tels que l'éducation, l'innovation ou la transition écologique.
Prochaines étapes
Alors que les actifs français peuvent désormais travailler pleinement pour eux-mêmes à partir du 199e jour de l'année, il convient de se pencher sur les implications de cette date symbolique. La répartition des ressources et la gestion des prélèvements obligatoires continueront d'être au cœur des débats économiques et sociaux à venir.