Comme le rapporte BFM Business, le Canada est en train de prendre les devants sur la France dans le domaine des mini-réacteurs nucléaires, avec la construction du premier petit réacteur modulaire (SMR) occidental sur le site de Darlington, près de Toronto. Cette avancée est considérée comme un pas significatif dans la course aux SMR, une technologie présentée comme la prochaine révolution du nucléaire.

Le président Emmanuel Macron avait promis un milliard d’euros pour développer des « technologies de rupture » dans le nucléaire, notamment des petits réacteurs, mais les premiers chantiers ne sont pas envisagés par EDF avant 2030. De l’autre côté de l’Atlantique, le Canada a déjà un coup d’avance sur cette technologie, avec la société Ontario Power Generation (OPG) qui vient de franchir une étape symbolique dans la construction du BWRX-300, un réacteur développé par la société américano-japonaise GE Vernova Hitachi.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Canada prend les devants sur la France dans la course aux mini-réacteurs nucléaires avec la construction du premier SMR occidental.
  • Le projet de Darlington vise à démontrer la viabilité économique des SMR, avec une puissance totale de 1.200 MW pour quatre unités.
  • Le coût du projet canadien est estimé à 20,9 milliards de dollars canadiens pour les quatre réacteurs.
  • Les défenseurs de la filière soulignent les retombées économiques attendues, avec plusieurs milliers d’emplois pendant la construction et plusieurs décennies d’exploitation.
  • Le Canada est le pays du G7 le plus avancé dans la course aux SMR, avec la Commission canadienne de sûreté nucléaire qui a accordé en 2025 l’autorisation de construire le premier BWRX-300.

Le projet de Darlington

Le projet de Darlington est observé avec attention bien au-delà du Canada, car derrière ce chantier se joue l’avenir économique des SMR. L’argument est séduisant : produire des réacteurs plus petits, standardisés et fabriqués en série afin de réduire les coûts et les délais de construction. Cependant, le problème est qu’à ce jour, cette promesse n’a encore jamais été démontrée à grande échelle dans le monde occidental.

La dalle de fondation de 953 tonnes a été installée au fond d’un puit de 35 mètres de profondeur, une masse comparable à celle d’un Airbus A380 chargé. Cette opération marque le début concret de la construction du BWRX-300, un réacteur développé par la société américano-japonaise GE Vernova Hitachi d’une puissance de 300 MW, soit le quart d’un classique réacteur d’une centrale française. À lui seul, ce réacteur pourrait alimenter plus de 300.000 foyers.

La situation en France

Face à l’accélération canadienne, la situation française apparaît beaucoup plus prudente. Certes, Paris soutient activement la filière, mais aucun projet français n’a encore atteint le stade de construction. EDF développe le projet Nuward et plusieurs start-up, comme Calogena, Jimmy Energy, Stellaria, Newcleo ou Blue Capsule, travaillent sur leurs propres concepts. Cependant, le groupe français a abandonné la première version de Nuward pour repartir sur un design simplifié reposant davantage sur des technologies déjà éprouvées dans le parc nucléaire français.

Le président Emmanuel Macron a annoncé en mars de nouveaux financements de 90 millions d’euros pour deux projets de mini-réacteurs nucléaires, Jimmy et Calogena, qui visent à fournir de la chaleur et non de l’électricité. Les détracteurs des SMR soulignent que le modèle économique de ces mini-réacteurs ne fonctionne pas, car l’industrie nucléaire a toujours bénéficié d’économies d’échelle. Plus les réacteurs sont puissants, plus le coût par mégawatt produit diminue.

Et maintenant ?

Le projet de Darlington est observé avec attention, car il pourrait démontrer la viabilité économique des SMR. Les prochaines étapes attendues incluent la construction des quatre unités et la mise en service du premier BWRX-300. La France, quant à elle, devra accélérer ses projets pour ne pas être distancée par le Canada dans la course aux SMR.

En conclusion, le Canada prend les devants sur la France dans la course aux mini-réacteurs nucléaires, avec la construction du premier SMR occidental sur le site de Darlington. Cette avancée est considérée comme un pas significatif dans la course aux SMR, une technologie présentée comme la prochaine révolution du nucléaire. Il reste à voir si la France pourra rattraper son retard et si les SMR seront en mesure de démontrer leur viabilité économique.