Une semaine après le second tour des élections municipales, Youcef Brakni, figure du Comité la Vérité pour Adama, a annoncé sur Facebook l'élection de plusieurs militant·es issus du mouvement créé par Assa Traoré en 2016. Fenda Diarra est devenue adjointe à Ivry-sur-Seine, Sonia Chaouche a été élue au Conseil de Paris, et Hidi Joubert ainsi que Jawad Amami ont remporté des postes à Beaumont-sur-Oise. Ces succès locaux s'inscrivent dans une stratégie plus large, après que la Cour de cassation a confirmé le non-lieu dans l'affaire de la mort d'Adama Traoré, survenue en 2016. La famille, insatisfaite de cette décision, envisage de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme.
Cette inflexion vers le terrain politique fait suite à une décennie de procédures judiciaires. Youcef Brakni souligne que le mouvement ne peut se limiter à l'aspect judiciaire et doit élargir son champ d'action en s'appuyant sur une large alliance des luttes dans les quartiers populaires. Ainsi, le Comité Adama s'engage désormais activement dans le champ politique local avec pour objectif affiché la prise de pouvoir au niveau local. Le non-lieu prononcé par la Cour de cassation est perçu comme un point de départ et non une conclusion, incitant le Comité à renforcer sa présence au sein des institutions pour défendre sa cause là où les décisions se prennent.
Parallèlement à ces succès électoraux, le Comité Adama annonce la poursuite d'un travail de formation politique à travers 'Génération Leaders', une école destinée aux habitants des quartiers populaires. Ces élections municipales marquent le début d'une longue marche pour le mouvement, qui envisage de consolider sa présence dans les instances politiques locales pour faire avancer ses revendications.
Ce qu'il faut retenir
- Plusieurs militant·es du Comité Adama ont été élus aux élections municipales 2026, renforçant ainsi sa présence au niveau local.
- La confirmation du non-lieu dans l'affaire Adama Traoré par la Cour de cassation a incité le mouvement à s'investir davantage dans le champ politique.
Et maintenant ?
Le Comité Adama prévoit de poursuivre son engagement politique au niveau local et de renforcer sa présence dans les instances décisionnaires pour défendre ses causes. La famille Traoré envisage quant à elle de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme pour contester le non-lieu prononcé par la Cour de cassation.
