Le conflit en Iran, déclenché par des frappes américano-israéliennes, fait craindre une flambée des prix du pétrole, qui pourraient atteindre leurs plus hauts niveaux depuis le début de la guerre en Ukraine, selon nos confrères de BFM Business. Le prix du baril, qui était de 72 dollars avant les frappes, pourrait atteindre 100 dollars prochainement, a assuré le conseiller économique du Kremlin, Kirill Dmitriev.
Ce qu'il faut retenir
- Le conflit en Iran pourrait faire flamber les prix du pétrole
- Le prix du baril pourrait atteindre 100 dollars prochainement
- Le détroit d'Ormuz, principale voie de navigation pour le pétrole, est menacé
- Les États-Unis n'envisagent pas à ce stade de puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole
- La réunion de l'Opep+ est prévue ce dimanche pour discuter d'une possible hausse de la production
Le contexte
Le conflit en Iran a déstabilisé le Moyen-Orient et les routes d'acheminement du brut. Les cours du pétrole pourraient flamber lors de l'ouverture des marchés à l'issue du week-end. L'Iran est un des dix plus grands producteurs mondiaux de pétrole, avec 3,1 millions de barils par jour. Son pétrole est relativement facile à extraire, avec un coût pouvant être aussi bas que 10 dollars le baril.
Le Golfe Persique compte plusieurs grands producteurs de pétrole, à commencer par l'Iran lui-même. Le pays dispose des troisièmes réserves mondiales de brut, ce qui en fait un acteur stratégique à long terme. Les frappes américaines sur ses infrastructures, en bon état, ne seraient pas sans conséquence, notamment pour la Chine qui importe 80% du pétrole iranien.
Les conséquences
Le risque principal pour le marché pétrolier est celui d'un blocage durable du détroit d'Ormuz, qui relie le Golfe à l'océan Indien. Ce passage, principale voie de navigation connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, est « de facto fermé », ont affirmé les Gardiens de la Révolution cités par des médias iraniens. Environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement en 2024, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide.
Une paralysie de ce passage crucial pourrait donc avoir un impact sévère sur l'approvisionnement en pétrole si elle se prolongeait. Seuls l'Arabie saoudite et les Émirats disposent d'un réseau d'oléoducs permettant de contourner le détroit, avec cependant une capacité limitée à 2,6 millions de barils par jour, selon l'Agence américaine de l'Énergie.
Les réactions
Le troisième armateur mondial CMA-CGM a demandé à tous ses navires situés dans la région de « se mettre à l'abri ». Washington a de son côté appelé les navires commerciaux à « rester à l'écart » du Golfe. Pour l'Iran, faire bondir les prix du baril en bloquant le détroit d'Ormuz est un moyen de pression sur Washington, alors que Donald Trump a promis à son électorat des prix de l'énergie bas.
Aucun pays n'est épargné par les représailles iraniennes dans une région où les États-Unis disposent de bases militaires. Importants producteurs pétroliers, les Émirats arabes unis, le Koweït et l'Irak ont tous trois été ciblés par des frappes de Téhéran. Plusieurs explosions ont également été entendues en Arabie saoudite.
Les prochaines heures seront décisives pour déterminer l'impact du conflit en Iran sur les prix du pétrole. Les marchés attendent avec anxiété la réunion de l'Opep+ et les décisions qui seront prises pour faire face à la crise.
