Le 4 mars 2026, selon nos confrères de BFM Business, le Conseil d'analyse économique (CAE) a publié une note dans laquelle il appelle à un changement de politique en Europe pour faire surgir « les opportunités économiques offertes par le réarmement » européen actuel. En effet, après trente ans de sous-investissement, les dépenses de défense de l'UE devraient atteindre en moyenne 2% du PIB en 2025, norme minimale historique de l'Otan, avec une cible désormais portée à 3,5% en 2035.

Ce réarmement offre des opportunités économiques qui ne se concrétiseront pas d'elles-mêmes, observe la note présentée mercredi. Le CAE, un organisme rattaché à Matignon, remarque qu'actuellement, « un tiers des équipements militaires européens est importé » et que « plus de la moitié des importations provient des États-Unis ». La France est le deuxième exportateur mondial d'armement mais elle n'est que le troisième exportateur vers l'Europe derrière l'Allemagne.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAE préconise d'investir massivement dans la recherche et développement de défense et de renforcer la consolidation.
  • Il est recommandé de viser 35% d'achats en commun au sein de l'UE d'ici à 2030, en privilégiant les équipements européens.
  • Le budget du Fonds européen de défense devrait être doublé, pour atteindre au moins 3 milliards d'euros par an.

La situation actuelle

Les économistes du CAE remarquent que les types de systèmes d'armement majeurs sont cinq fois plus nombreux qu'aux États-Unis (98 contre 18, dont trois programmes d'avions multirôles contre un, sept modèles de chars contre un, neuf modèles d'obusiers contre deux et sept véhicules de combat d'infanterie contre deux). Cette fragmentation « empêche les économies d'échelle et alourdit les coûts de production et de maintenance », estime la note, qui souligne aussi un retard dans l'investissement en recherche et développement européen militaire : 13 milliards d'euros en 2024 soit environ un cinquième des 84 milliards de dollars des Etats-Unis en 2022.

Les recommandations

Dans ce contexte, le CAE recommande à la France d'instaurer « une commission indépendante, habilitée secret-défense et rattachée au ministère des Armées », pour « évaluer la performance des contrats d'armement et de maintenance », mais aussi « s'assurer du partage de la valeur au sein de la filière entre maîtres d'œuvre, sous-traitants et nouveaux entrants », comme les drones, pour lesquels « la France n'a pas pris à temps le virage ». Le CAE estime qu'il faut « encourager la consolidation » du secteur pour les grands systèmes d'armes.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à mettre en œuvre ces recommandations et à évaluer leur impact sur l'industrie de défense européenne. Il est probable que les décisions prises auront des conséquences à long terme sur la capacité de l'Europe à se défendre et sur son rôle dans les affaires mondiales. La question qui se pose maintenant est de savoir comment les pays européens vont travailler ensemble pour atteindre ces objectifs et renforcer leur industrie de défense.

En conclusion, le Conseil d'analyse économique a mis en avant l'importance de renforcer l'industrie de défense européenne et a proposé des mesures concrètes pour y parvenir. Il est maintenant temps pour les pays européens de prendre des décisions et de travailler ensemble pour mettre en œuvre ces recommandations et assurer leur sécurité à long terme.