La justice roumaine a décidé de lever l’intégralité des mesures préventives de contrôle judiciaire imposées à l’influenceur britannico-américain Andrew Tate et à son frère Tristan, tous deux poursuivis pour des accusations de traite d’êtres humains. Selon Le Figaro, cette décision, rendue publique ce lundi 6 avril 2026, intervient alors que les deux hommes sont visés par une procédure judiciaire complexe, marquée par des irrégularités dans la collecte des preuves.

Ce qu'il faut retenir

  • Andrew Tate, influenceur masculiniste suivi par près de 11 millions de personnes sur X, et son frère Tristan Tate voient leur contrôle judiciaire révoqué par un tribunal de Bucarest.
  • Les deux hommes sont accusés depuis 2022 en Roumanie d’avoir exploité sexuellement plusieurs femmes, dont des mineures, après les avoir piégées par de fausses promesses sentimentales.
  • Le tribunal n’a pas justifié sa décision, qui reste définitive mais non motivée officiellement. Les frais de justice restent à la charge de l’État.
  • Un premier volet du procès à Bucarest a été suspendu en raison d’irrégularités procédurales, tandis qu’une enquête britannique pour viol a été rouverte fin mars 2026.
  • Les deux frères avaient été placés en résidence surveillée après plusieurs mois de garde à vue, avant d’être soumis à un contrôle judiciaire.

Une décision judiciaire sans justification officielle

La défense d’Andrew Tate a transmis à l’AFP la décision du tribunal de Bucarest, confirmant la levée du contrôle judiciaire qui pesait sur les deux frères depuis plusieurs mois. « La mesure préventive de contrôle judiciaire ordonnée à l’égard d’Andrew Tate et de Tristan Tate est révoquée », indique le document, sans que ni la Cour ni le parquet n’aient jugé utile de fournir d’explications complémentaires. Selon Le Figaro, cette décision est définitive, mais elle n’a pas été assortie d’une motivation écrite, laissant planer des interrogations sur les raisons de ce revirement.

Les frais de justice liés à cette affaire continuent de peser sur les finances publiques, les autorités roumaines ayant confirmé que l’État prenait en charge l’ensemble des coûts. Cette absence de transparence judiciaire contraste avec la gravité des accusations portées contre les deux hommes, dont le cas a suscité une attention médiatique internationale.

Les chefs d’accusation : traite, viol et exploitation sexuelle

Les frères Tate sont poursuivis en Roumanie depuis 2022 pour des faits présumés de traite d’êtres humains, d’exploitation sexuelle et de viol. Les procureurs roumains affirment que les victimes, dont des mineures, étaient manipulées par Andrew et Tristan Tate après avoir été séduites par de fausses relations amoureuses. Les deux hommes auraient ensuite contraint ces femmes à participer à des tournages de films pornographiques, selon les éléments rassemblés par l’accusation.

Andrew Tate, âgé de 39 ans, est également visé par une enquête ouverte par la police britannique fin mars 2026. Cette procédure concerne des accusations de viol et d’agressions sexuelles présumées datant de 2014 et 2015. Les autorités britanniques ont décidé de rouvrir ce dossier après le dépôt de nouvelles plaintes, alors que les faits étaient initialement classés sans suite ou prescrits. Ces développements judiciaires s’ajoutent à une procédure roumaine déjà complexe, marquée par des reports successifs.

Un parcours judiciaire semé d’embûches

Les deux frères ont connu plusieurs statuts juridiques depuis leur arrestation. Après une garde à vue prolongée, ils avaient été placés en résidence surveillée, une mesure restrictive moins lourde qu’une détention provisoire. Puis, ils avaient été soumis à un contrôle judiciaire, assorti d’obligations strictes (interdiction de quitter le pays, pointage régulier au commissariat, etc.). La levée de ces mesures ne signifie pas leur innocence, mais elle illustre une évolution dans la gestion de leur dossier par la justice roumaine.

Un premier volet du procès devait se tenir à Bucarest, mais il a été reporté sine die en raison de « découvertes d’irrégularités » dans la procédure. Ces irrégularités, non détaillées par les autorités, pourraient concerner des vices de forme dans la collecte des preuves ou des manquements aux droits de la défense. Ce retard judiciaire laisse planer un doute sur la tenue d’un procès dans les mois à venir, d’autant que les charges restent lourdes.

Le poids médiatique d’une affaire internationale

Andrew Tate, connu pour ses prises de position controversées sur les réseaux sociaux, où il cumule près de 11 millions d’abonnés sur X (ex-Twitter), a transformé son procès en une tribune médiatique. Ses déclarations, souvent relayées par ses partisans, ont contribué à forger une image de victime d’une « chasse aux sorcières » internationale. Pourtant, les faits reprochés restent graves et font l’objet d’enquêtes indépendantes dans deux pays différents.

En Roumanie, les autorités ont jusqu’à présent refusé de commenter la décision de lever le contrôle judiciaire, se contentant de confirmer son caractère définitif. En Grande-Bretagne, l’enquête en cours pourrait aboutir à de nouvelles inculpations, voire à une demande d’extradition si les preuves sont suffisantes. Cette affaire, qui mêle dimension judiciaire et enjeux médiatiques, pourrait encore évoluer dans les mois à venir, avec des répercussions potentielles sur la carrière de l’influenceur.

Et maintenant ?

La levée du contrôle judiciaire ne clôt pas l’affaire, mais elle en modifie le cours. Les prochaines étapes dépendront des décisions de la justice roumaine, qui pourrait soit relancer le procès en intégrant les éléments manquants, soit maintenir un statu quo prolongé. En Grande-Bretagne, l’enquête ouverte fin mars 2026 devrait aboutir à des conclusions d’ici plusieurs mois, avec un risque d’inculpation supplémentaire pour Andrew Tate. Bref, cette affaire, déjà longue de quatre ans, n’est pas près de trouver une issue définitive.

Les victimes présumées, dont certaines résident en Roumanie, pourraient voir leur statut évoluer si les charges sont maintenues. Quant aux frères Tate, leur liberté de mouvement s’en trouve élargie, mais ils restent sous le coup de poursuites judiciaires lourdes, avec des conséquences potentielles sur leur vie personnelle et professionnelle. Une chose est sûre : cette décision judiciaire ne mettra pas fin aux débats, tant les zones d’ombre subsistent.

La décision du tribunal de Bucarest n’a pas été motivée officiellement. Selon Le Figaro, elle est définitive mais non justifiée, ce qui laisse planer des interrogations sur les raisons de ce revirement. Les autorités n’ont fourni aucune explication publique à ce stade.

En Roumanie, le procès pourrait être relancé après la résolution des irrégularités signalées, mais aucune date n’a été fixée. En Grande-Bretagne, l’enquête pour viol et agressions sexuelles rouverte fin mars 2026 devrait aboutir d’ici plusieurs mois, avec un risque d’inculpation supplémentaire pour Andrew Tate.