Le fromage est devenu une marchandise prisée du crime organisé mondial, selon Courrier International. En 2024, 22 tonnes de fromage, du cheddar, ont été dérobées à la laiterie londonienne Neal’s Yard Dairy à la suite d’une fraude sophistiquée, avec un montant estimé du préjudice de 400 000 livres (plus de 460 000 euros).

Ce fait divers n’est pas un cas isolé, car le trafic de denrées alimentaires est un juteux business, avec des chiffres alarmants. Selon l’estimation de l’Organisation mondiale du commerce, la criminalité de ce type coûte chaque année quelque 50 milliards de dollars (44 milliards d’euros) au secteur mondial de l’alimentation.

Ce qu'il faut retenir

  • 22 tonnes de fromage ont été dérobées à la laiterie londonienne Neal’s Yard Dairy en 2024.
  • Le montant estimé du préjudice est de 400 000 livres (plus de 460 000 euros).
  • La criminalité alimentaire coûte chaque année quelque 50 milliards de dollars (44 milliards d’euros) au secteur mondial de l’alimentation.
  • Le fromage est une denrée particulièrement exposée au vol en raison de sa valeur et de sa facilité de transport et de stockage.
  • Les voleurs de fromage encourent des peines légères, ce qui les incite à choisir ce type de crime.

Le trafic de fromage, un crime organisé

La demande toujours en hausse pour le fromage, la facilité du transport et du stockage, combinés à l’attractivité des tarifs de vente et de revente, font du fromage une denrée particulièrement exposée au vol. Et surtout, l’objet du délit disparaît rapidement (dans les estomacs) et est bien difficile à pister.

Longreads détrompe ceux qui s’imaginent des voleurs aussi folkloriques que le fromage qu’ils dérobent. « La criminalité alimentaire n’est pas un fait anecdotique orchestré par une poignée de margoulins. C’est bien souvent une filière très organisée et très lucrative du crime organisé », explique Christopher Elliott, fondateur de l’Institute for Global Food Security et conseiller scientifique auprès des Nations unies.

Un système agro-alimentaire vulnérable

Le fromage produit de façon artisanale est particulièrement exposé. Mais outre la perte financière, qui est plus difficile à amortir pour les petits producteurs artisanaux que pour les poids lourds de l’industrie agro-alimentaire, une affaire comme celle du cheddar de Neal’s Yard Dairy permet surtout de souligner les failles systémiques dans la chaîne de production alimentaire.

« Depuis dix ans, les chaînes d’approvisionnement sont perturbées et les prix flambent sous l’effet de nombreux facteurs, qui se cumulent : la pandémie, le Brexit, la crise du pouvoir d’achat, les droits de douane américains, le dérèglement climatique, la guerre en Ukraine, les sanctions contre la Russie », égrène Longreads.

Et maintenant ?

Dans ce contexte, la hausse des prix de l’alimentaire, les tensions géopolitiques, et des techniques de fraude de plus en plus perfectionnées promettent un avenir où la criminalité fromagère risque de devenir banale – et non plus un fait divers. Les autorités devraient prendre des mesures pour renforcer la sécurité dans la chaîne de production alimentaire et pour lutter contre le crime organisé.

En conclusion, le trafic de fromage est un problème sérieux qui nécessite une attention particulière des autorités et des producteurs de fromage. Il est essentiel de prendre des mesures pour prévenir les vols et pour lutter contre le crime organisé dans la chaîne de production alimentaire.