Le Danemark est actuellement plongé dans un brouillard politique, après que la Première ministre Mette Frederiksen ait remporté les élections législatives sans obtenir de majorité, comme le rapporte BFM Business. Les sociaux-démocrates ont signé leur plus faible score depuis 1903, avec 21,9% de voix. Mette Frederiksen a été chargée de mener les négociations pour former un nouveau gouvernement, mais elle s’attendait sans doute à un meilleur résultat, notamment après avoir vu sa popularité grimper ces dernières semaines en tenant tête à Donald Trump sur le Groenland.

La Première ministre avait fait campagne sur la promesse de rétablir l'impôt sur la fortune, une mesure qui vise à taxer les patrimoines supérieurs à 25 millions de couronnes danoises (3,5 millions d’euros) à hauteur de 0,5%. Cette mesure est censée viser 20.000 Danois et rapporter 6 milliards de couronnes (800 millions d’euros) pour financer la réduction des effectifs par classe à l’école. Cependant, cette proposition a suscité de vives réactions de la part des patrons des grandes entreprises danoises, qui estiment que cette mesure aura un impact négatif sur la compétitivité et la création d’emplois.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Danemark est le pays de l’OCDE avec le plus fort taux de prélèvements obligatoires (45,8% du PIB), devant la France (45,3%).
  • La mise en place d’un impôt sur la fortune marquerait un retour en arrière pour le Danemark, qui a renoncé à l’impôt sur la fortune en 1997.
  • Les inégalités dans le pays ont progressé plus vite que dans la plupart des pays de l’OCDE au cours des dernières années.
  • Onze des 100 familles les plus fortunées du Danemark résident déjà à l’étranger, selon un rapport du Danish Economic Weekly.
  • Les milliardaires danois, tels que Niels Christiansen, PDG de Lego, et Kim Fausing, directeur général de Danfoss, ont publiquement critiqué le projet de Mette Frederiksen.

Les réactions des patrons danois

Les patrons des grandes entreprises danoises ont vivement critiqué le projet de Mette Frederiksen, estimant que cette mesure aura un impact négatif sur la compétitivité et la création d’emplois. Niels Christiansen, PDG de Lego, a déclaré que cette mesure aura « un impact considérable sur la société à long terme : moins de créations d’emplois, moins de recettes fiscales provenant des entreprises et une compétitivité moindre pour de nombreuses entreprises danoises ». Kim Fausing, directeur général de Danfoss, a estimé que la proposition d'impôt sur la fortune était « contre-productive » et qu'il fallait plutôt chercher à « agrandir le gâteau » avant de vouloir mieux le répartir.

D’autres patrons, tels que Niels Peter Louis-Hansen, à la tête du groupe d’équipements médicaux Coloplast, et Anders Holch Povlsen, propriétaire de l’entreprise de prêt-à-porter Bestseller, ont également pris la parole pour dénoncer l’impôt sur la fortune. Certains, comme Erling Daell, qui contrôle le groupe de distribution Harald Nyborg, et Henrik Andersen, directeur général du fabricant d'éoliennes Vestas, sont allés jusqu'à menacer de quitter le Danemark si le projet de la Première ministre venait à voir le jour.

Les conséquences d’un tel impôt

La mise en place d’un impôt sur la fortune pourrait avoir des conséquences importantes pour l’économie danoise. Selon Jørgen Rønning Pedersen, associé du département fiscal du cabinet de conseil PwC, cette mesure pourrait inciter certaines personnes à quitter le pays pour éviter de payer l’impôt. « Cela a suscité des réflexions chez certaines personnes qui, autrement, n'y auraient pas pensé. Il faut bien l'admettre », a-t-il déclaré.

Le Danemark intégrerait ainsi le club très fermé des pays de l’OCDE disposant d’un tel outil fiscal, aux côtés de l’Espagne, de la Norvège et de la Suisse. Cependant, les réactions des patrons danois et les conséquences potentielles de cette mesure pourraient inciter la Première ministre à revoir son projet.

Et maintenant ?

La situation reste incertaine, et il est difficile de prédire comment les choses vont évoluer. Cependant, il est clair que la mise en place d’un impôt sur la fortune aura des conséquences importantes pour l’économie danoise et pour les entreprises qui y sont implantées. Les prochaines semaines et les prochains mois seront cruciaux pour déterminer l’issue de ce débat.

Il reste à voir comment la Première ministre Mette Frederiksen et son gouvernement vont gérer cette situation et si elles vont réussir à mettre en place l’impôt sur la fortune. Les réactions des patrons danois et des autres acteurs de l’économie seront également à suivre de près.

En conclusion, la situation au Danemark est complexe et incertaine, et il est difficile de prédire comment les choses vont évoluer. Cependant, il est clair que la mise en place d’un impôt sur la fortune aura des conséquences importantes pour l’économie danoise et pour les entreprises qui y sont implantées.