Selon Libération, le premier film de Francesco Sossai, «Le Dernier pour la route», plonge deux personnages âgés dans un périple alcoolisé et sans but, où la morosité le dispute à une certaine forme de mélancolie politique. Libération souligne que ce road movie, bien que porté par une réalisation audacieuse, peine à éviter les écueils d’un récit redondant, au point de frôler l’essoufflement narratif.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux vieux communistes italiens deviennent les protagonistes d’un road trip alcoolisé dans «Le Dernier pour la route», premier long-métrage de Francesco Sossai.
  • Le film dépeint une errance sans but, où la consommation d’alcool sert de toile de fond à une réflexion sur le passé et les idéaux perdus.
  • D’après Libération, l’œuvre, malgré une ambition certaine, sombre dans la redondance et manque de dynamisme narratif.
  • Le réalisateur, dont c’est le premier film, explore des thèmes comme la nostalgie et la désillusion à travers deux personnages attachants mais aux dialogues parfois verbeux.
  • La critique souligne un style visuel soigné, mais une structure narrative qui peine à tenir en haleine le spectateur.

Un duo de personnages emblématiques d’une époque révolue

Francesco Sossai, cinéaste italien dont c’est la première incursion dans le long-métrage, choisit de mettre en scène deux figures en apparence anodines mais symboliquement chargées. D’après Libération, ces vieux communistes italiens — incarnés par des acteurs dont les noms ne sont pas précisés dans l’article — évoluent dans un environnement où le passé semble hanter chaque décision. Leur road trip, plus qu’un simple déplacement physique, devient une métaphore de leur existence : des trajectoires marquées par des choix idéologiques devenus obsolètes, des relations humaines distendues par le temps, et une quête de sens qui tourne à vide.

Le film s’appuie sur un postulat narratif fort : deux hommes, liés par une amitié de longue date et une nostalgie commune, se lancent dans un voyage sans destination précise. Autant dire que, côté intrigue, le pari est risqué. Le spectateur est rapidement plongé dans une atmosphère où les paysages défilent, les verres se vident, et les conversations oscillent entre des souvenirs glorifiés et des regrets amers. Le tout, sur une bande-son qui, si elle n’est pas mentionnée dans la critique, semble jouer un rôle clé dans l’immersion.

Un récit alcoolisé et une structure qui s’essouffle

Le titre même du film, «Le Dernier pour la route», est un clin d’œil transparent à l’alcool, élément central de cette odyssée. Libération relève que les personnages, bien que charismatiques, noient leur désillusion dans des bouteilles, transformant chaque arrêt en une pause aussi longue qu’inutile. Le réalisateur, à travers cette mise en scène, interroge sans doute la place de l’ivresse dans nos vies : un refuge, une fuite, ou simplement une habitude ?

Pourtant, malgré une photographie soignée et une volonté évidente de donner une dimension poétique au récit, le film peine à éviter les pièges d’une narration répétitive. Les scènes de dialogue, souvent centrées sur des discussions politiques ou des souvenirs de jeunesse, s’étirent en longueur. Le résultat, d’après Libération, est un film qui, au lieu de captiver, finit par radoter. Les thèmes, bien que pertinents, sont martelés jusqu’à l’épuisement, laissant le spectateur sur sa faim. Bref, une ambition artistique qui se heurte à des limites scénaristiques.

Une esthétique soignée, mais un manque de rythme

Francesco Sossai ne manque pas de talent visuel, comme en témoignent les plans larges sur des paysages italiens désolés ou les cadres intimistes des bars où les deux hommes se retrouvent. Libération reconnaît d’ailleurs une certaine beauté plastique au film, où chaque image semble pesée, chaque couleur choisie avec soin. Le réalisateur joue avec les contrastes entre la lumière du jour et les intérieurs enfumés, créant une atmosphère à la fois réaliste et onirique.

Cependant, cette beauté formelle ne suffit pas à compenser un manque criant de rythme. Les ellipses temporelles, censées dynamiser le récit, tombent à plat. Les transitions entre les scènes manquent de fluidité, et les ellipses narratives, au lieu de surprendre, donnent l’impression d’une écriture paresseuse. Le film, qui aurait pu être une réflexion subtile sur le vieillissement et la perte des illusions, se transforme en une suite de moments anecdotiques, liés entre eux par le seul fil ténu de l’alcool.

Et maintenant ?

Si «Le Dernier pour la route» peine à convaincre sur le plan narratif, il pourrait trouver un public parmi les amateurs de cinéma d’auteur italien, où l’introspection et l’esthétique priment sur l’intrigue. Le film, qui devrait sortir en salles d’ici la fin de l’année 2026, pourrait être programmé dans des festivals spécialisés, où son approche thématique pourrait être mieux accueillie. Reste à voir si Francesco Sossai, après cette première expérience, parviendra à affiner son écriture pour ses prochains projets.

Quant aux deux personnages principaux, leur destin reste flou : leur voyage s’achèvera-t-il sur une note d’espoir, ou sombreront-ils définitivement dans l’oubli ? Le film laisse la question ouverte, comme pour rappeler que certaines routes, une fois empruntées, n’ont pas de retour possible.