Un procès particulièrement lourd s’ouvre ce mercredi 8 avril au tribunal de Créteil pour le triple infanticide d’Alfortville, selon BFM - Faits Divers. Youness E., 41 ans, est jugé pour le meurtre de ses trois filles, âgées de 4, 10 et 11 ans, commis en novembre 2023. L’homme comparaît devant la cour d’assises pour « meurtres sur mineurs de moins de 15 ans », un drame qui s’inscrit dans un contexte de séparation conjugale non acceptée.
Ce qu'il faut retenir
- Le procès de Youness E., 41 ans, s’ouvre ce 8 avril 2026 au tribunal de Créteil pour le meurtre de ses trois filles, âgées de 4, 10 et 11 ans, en novembre 2023.
- Les trois enfants ont été retrouvées sans vie dans l’appartement familial d’Alfortville (Val-de-Marne), dissimulées sous des couvertures.
- Les deux aînées présentent des plaies thoraciques compatibles avec des coups de couteau, tandis que la plus jeune serait morte par asphyxie.
- L’accusé a reconnu les faits en garde à vue, affirmant avoir agi après des échanges avec son ex-compagne sur leur séparation.
- Youness E. encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour ces faits.
Un drame familial révélé par un aveu aux forces de l’ordre
Le 26 novembre 2023, Youness E. se présente spontanément au commissariat de Dieppe (Seine-Maritime), à plus de 170 kilomètres de son domicile d’Alfortville. Selon ses déclarations aux policiers, il vient d’assassiner ses trois filles. Les enquêteurs se rendent immédiatement à son appartement et découvrent les corps des trois fillettes, vêtues de leur pyjama, dissimulées sous des couvertures dans la chambre et sur le canapé.
Les premières constatations révèlent des causes de mort distinctes : les deux aînées, âgées de 10 et 11 ans, présentent des plaies thoraciques compatibles avec des coups de couteau, tandis que la cadette, 4 ans, serait morte par asphyxie. D’après le procureur de Créteil, Stéphane Hardouin, les éléments recueillis laissent penser que les faits se sont produits « possiblement pendant leur sommeil », dans la nuit du 25 au 26 novembre.
Un acte commis dans un contexte de séparation conflictuelle
Les investigations orientent rapidement les enquêteurs vers la piste d’un triple infanticide lié à l’échec du couple. Youness E. et Samira O., la mère des enfants, étaient en instance de divorce après douze ans de mariage. Bien qu’un accord ait été trouvé concernant la garde des filles dans l’attente d’une audience devant le juge aux affaires familiales, prévue trois semaines plus tard, les enfants se trouvaient chez leur père le soir des faits.
Lors de sa garde à vue, Youness E. admet avoir tué ses filles seul et sans témoin, à l’aide de couteaux. Selon ses propos, il aurait administré des somnifères aux enfants avant de les tuer alors qu’elles dormaient, juste après avoir échangé des mails avec son ex-compagne dans lesquels celle-ci lui indiquait que leur séparation était définitive. Après son geste, il aurait tenté de se suicider en se rendant au viaduc de Bures-sur-Yvette, sans passer à l’acte, avant de prendre la route pour Dieppe où il s’est livré aux autorités.
Un profil déjà connu des services de police
Youness E. n’était pas inconnu de la justice. En avril 2021, il avait été condamné à six mois de prison ferme, exécutés sous bracelet électronique, pour des faits de violences conjugales et familiales. Ces violences visaient notamment son ex-compagne, ainsi qu’une de leurs filles en août 2022, des agressions dont Samira O. avait alors choisi de ne pas porter plainte.
La personnalité de l’accusé sera au cœur des débats lors de ce procès. Si les experts psychiatres n’ont pas retenu d’altération de son discernement, ils ont diagnostiqué chez lui un syndrome dépressif majeur ainsi qu’un profil paranoïaque. Ces éléments pourraient jouer un rôle clé dans l’appréciation de sa responsabilité pénale.
Une procédure judiciaire marquée par le huis-clos
Compte tenu de la gravité des faits et de la sensibilité du dossier, une demande de huis-clos devrait être déposée dès l’ouverture du procès. L’audience débutera mercredi avec les dépositions des enquêteurs et des témoins, avant de se poursuivre jeudi par les auditions des experts et de la partie civile, ainsi que par l’interrogatoire de l’accusé.
La journée de vendredi sera consacrée aux réquisitions du parquet et aux plaidoiries des avocats, avant que la cour ne se retire pour délibérer. Pour les faits qui lui sont reprochés, Youness E. encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ni l’avocat de la défense ni celui des parties civiles n’ont souhaité s’exprimer sur le fond avant le procès.
Les zones d’ombre persistantes
Malgré les aveux de l’accusé et les éléments matériels recueillis, certaines zones d’ombre subsistent. Comment un père en instance de divorce a-t-il pu accéder à ses filles malgré les tensions familiales ? Quels mécanismes psychologiques ont conduit Youness E. à commettre cet acte irréparable ? Autant de questions qui devraient être abordées lors des auditions, sans pour autant apporter de réponses définitives à la souffrance des proches des victimes.
Ce drame rappelle aussi l’importance du signalement des violences conjugales et familiales, un enjeu qui dépasse le cadre de ce procès. En France, malgré les dispositifs existants, de nombreuses victimes hésitent encore à porter plainte, par peur, par honte ou par manque de confiance dans les institutions. La prévention et la protection des familles restent des défis majeurs pour les pouvoirs publics.
Une demande de huis-clos a été déposée en raison de la sensibilité extrême du dossier et de la gravité des faits, afin de protéger la dignité des victimes et de leurs proches pendant l’audience.
