Selon Franceinfo - Culture, le premier salon de la BD érotique se tiendra dimanche 28 juin à La Bellevilloise, à Paris. Cette initiative est le reflet d'une génération qui « dépoussière » le genre, indique Anne Hautecoeur, directrice de La Musardine, libraire-éditeur historique dans la littérature érotique, qui co-organise l'évènement avec la journaliste et autrice Flore Cherry.

Cette génération, notamment nourrie aux mangas, est celle d'autrices qui s'imposent dans la BD érotique franco-belge et d'un lectorat de plus en plus jeune et féminin. S'il reste difficile de chiffrer l'ampleur du phénomène, la tendance est bien là : il y a un regain d'intérêt pour la BD érotique qui reste toutefois « un marché de niche ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le premier salon de la BD érotique se tiendra dimanche 28 juin à La Bellevilloise, à Paris.
  • La génération actuelle de créatrices de BD érotique est marquée par une présence accrue de femmes.
  • Le marché de la BD érotique a longtemps été dominé par des hommes, mais les femmes commencent à prendre leur place.
  • Les autrices apportent une vision plus réaliste de la sexualité et une approche plus universelle.
  • La BD érotique constitue un terrain de jeu créatif pour les artistes, avec une plus grande place faite au consentement et à la diversité.

Un mouvement artistique éminemment sociétal

Les femmes apportent une vision plus réaliste de la sexualité, selon Inès Allahverdian, co-autrice de Slow Kama Sutra. « On essaie de ramener l'église au milieu du village. On a encore un point de vue très biaisé par le porno et toutes ces mouvances aujourd'hui, comme le masculinisme. Il n'y a pas ce rapport équilibré entre les hommes et les femmes ».

Ce constat peut s'étendre « à la communauté queer où l'on ne prend pas toujours en compte le consentement des autres. Il y a un rapport de domination encore très fort aujourd'hui », note Thomas Ménétrey, éditeur des éditions Labrys. Les autrices font évoluer cette question du consentement, avec une plus grande place faite au consentement dans les fantasmes des femmes.

Une vague portée par une génération fan de mangas

La présence des femmes dans la BD est indubitablement générationnelle. Beaucoup sont nées dans les années 90 ou plus et ont la particularité d'avoir grandi avec les dessins animés japonais. « Je pense que ma génération s'est pas mal nourrie au manga. Du coup, nous avons eu plus accès à une littérature érotique qui nous convenait », estime Caroline De Ruffray, née en 1996.

Dans le manga, « il y a vraiment une catégorie pour chaque personne, pour les femmes, les hommes (...). Je sais qu'il y a beaucoup de femmes de ma génération qui ont lu, par exemple du Yaoi. C'est un type de manga qui met en scène des histoires d'amour entre hommes mais qui est destiné aux femmes ».

Et maintenant ?

Le Salon de la bande dessinée érotique, qui se déroulera dimanche 28 juin, pourrait être un prélude à davantage de diversité dans ce secteur. L'illustratrice Chameu note que sa génération « a été exposée au discours féministe » et par conséquent, « on a peut-être beaucoup plus de revendications que nos aînées ».

La présence des femmes dans la BD érotique pourrait contribuer à une évolution du genre, avec une plus grande place faite à la diversité et au consentement. Il reste à voir comment ce mouvement va évoluer dans les prochaines années, mais pour l'heure, il est clair que les femmes sont en train de prendre leur place dans la BD érotique.

Le Salon de la bande dessinée érotique se tiendra jusqu'à 20h à La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer, 75020 Paris.