Le restaurant « Mealy », ouvert en septembre 2025 dans le 13e arrondissement de Paris par le Youtubeur Michou, a définitivement fermé ses portes après seulement neuf mois d’activité. D’anciens salariés ont révélé à Libération, comme le rapporte Ouest France, des conditions d’hygiène et de travail jugées alarmantes. L’enseigne envisage toutefois une réouverture en septembre 2026, après la réalisation de travaux correctifs.
Ce qu'il faut retenir
- Mealy, le fast-food lancé par le Youtubeur Michou en septembre 2025, a fermé définitivement ses portes à Paris en mai 2026.
- D’anciens employés ont dénoncé des problèmes d’hygiène et de sécurité aux conditions de travail « déplorables ».
- L’enseigne prévoit une réouverture en septembre 2026 après des travaux de mise aux normes.
- Les critiques proviennent d’anciens salariés, interrogés par Libération et relayés par Ouest France.
Un projet ambitieux rapidement confronté à des difficultés
L’ouverture du fast-food « Mealy » à Paris, en septembre 2025, avait marqué l’entrée de Michou dans le monde de la restauration. Le Youtubeur, suivi par plusieurs millions de personnes sur sa chaîne, avait présenté ce projet comme une diversification de ses activités, en partenariat avec des investisseurs. Pourtant, dès les premiers mois, des dysfonctionnements structurels sont apparus, au point de contraindre l’enseigne à cesser son activité.
Selon les informations recueillies par Libération, les problèmes ne se limitaient pas à une simple gestion chaotique. D’anciens salariés ont évoqué des carences graves en matière d’hygiène alimentaire, des équipements vétustes, mais aussi des conditions de travail précaires : horaires extensifs, salaires en dessous des minima légaux et manque de formation du personnel. Autant dire que l’expérience s’est rapidement transformée en un parcours du combattant pour les employés.
Une fermeture qui interroge sur la gestion des projets entrepreneuriaux
La fermeture de « Mealy » soulève des questions sur la viabilité des projets entrepreneuriaux portés par des personnalités médiatiques. Michou, connu pour ses vidéos humoristiques et ses streams, n’a pas échappé aux critiques quant à son implication directe dans la gestion quotidienne du restaurant. Interrogée par Ouest France, la directrice des opérations de l’enseigne a reconnu des « lacunes » et évoqué un plan de redressement incluant des travaux et une refonte des protocoles.
« Nous prenons très au sérieux ces signalements et nous travaillons activement à la résolution des problèmes identifiés », a-t-elle déclaré. Si la réouverture est évoquée pour septembre 2026, rien ne garantit que les dysfonctionnements seront totalement résolus. D’autant que les anciens employés, sous couvert d’anonymat, ont évoqué des pratiques récurrentes difficiles à corriger en quelques mois seulement.
« On nous demandait de servir des plats sans respecter les normes d’hygiène, et les produits périmés étaient parfois utilisés sans contrôle. »
— Un ancien employé de « Mealy », cité par Libération
Un secteur déjà sous tension
La restauration rapide en France est un secteur particulièrement exigeant, soumis à des réglementations strictes en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire. Les établissements doivent se plier à des contrôles réguliers, sous peine de sanctions voire de fermeture administrative. Dans le cas de « Mealy », les signalements internes n’ont pas suffi à alerter les autorités avant que la situation ne devienne ingérable.
Les syndicats du secteur rappellent que les problèmes d’hygiène dans la restauration rapide sont souvent liés à un turnover élevé du personnel et à une pression constante sur les marges. « Quand on cumule manque de formation, salaires bas et charge de travail excessive, les risques de dérive sont réels », explique un représentant de la CGT HCR. Ces éléments, combinés aux révélations des anciens salariés, dessinent un tableau inquiétant pour l’avenir de l’enseigne.
Reste à savoir si les clients, séduits à l’origine par la notoriété du Youtubeur, reviendront une fois l’établissement rouvert. Une chose est sûre : la réputation de « Mealy » a déjà été durablement entachée par ces révélations.
Selon les témoignages recueillis par Libération, les anciens salariés ont évoqué l’utilisation de produits périmés, le non-respect des températures de conservation, ainsi que l’absence de formation du personnel sur les protocoles d’hygiène de base. Certains ont également signalé des locaux mal entretenus et des équipements défectueux.