La cinquième édition du Forum international de l'investissement de Tachkent s'est récemment conclue sur une note positive, avec la signature de 166 accords représentant 43,1 milliards de dollars (37,6 milliards d'euros), dont 139 nouveaux projets évalués à 31,8 milliards de dollars (27,7 milliards d'euros), selon les chiffres publiés à l'issue de l'événement, comme le rapporte Euronews FR.

Ces chiffres sont le résultat d'une rencontre de trois jours qui a attiré plus de 10 000 participants, dont 3 802 délégués étrangers issus de 102 pays, démontrant ainsi la portée internationale du forum. La prochaine étape concerne maintenant le financement et la mise en œuvre de ces projets.

Ce qu'il faut retenir

  • 166 accords signés, représentant 43,1 milliards de dollars (37,6 milliards d'euros)
  • 139 nouveaux projets évalués à 31,8 milliards de dollars (27,7 milliards d'euros)
  • Plus de 10 000 participants, dont 3 802 délégués étrangers issus de 102 pays

Les réformes à l'épreuve du marché

Les investisseurs interrogés par Euronews ont relié la poursuite des flux de capitaux à la pérennité du programme de réformes de l'Ouzbékistan. Julia Hoggett, directrice générale de la Bourse de Londres, a déclaré : « L'agenda des réformes a besoin de faire ses preuves. On ne change pas les choses du jour au lendemain. Les gens ont besoin de preuves concrètes. Or nous en avons désormais accumulé plusieurs années ».

Un premier signal est venu de la double cotation, à Londres et à Tachkent, du Fonds national d'investissement d'Ouzbékistan (UzNIF), géré par Franklin Templeton. Cette cotation a suscité une demande de plus de 2,8 milliards de dollars (2,44 milliards d'euros) et permis de lever près de 700 millions de dollars (610 millions d'euros).

Diplomatie et présence des entreprises américaines

Le forum a coïncidé avec les visites du président allemand Frank-Walter Steinmeier et du président albanais Bajram Begaj, ainsi que de plusieurs premiers ministres et hauts responsables venus d'Asie centrale et des États voisins. Un forum d'affaires États-Unis–Ouzbékistan a réuni des représentants de 193 entreprises américaines, dont des dirigeants de Boeing, Visa, JPMorgan, Meta, Air Products et Franklin Templeton, qui ont eu des entretiens avec le gouvernement ouzbek.

Ces rencontres ont inscrit au programme du forum les questions de commerce, de transport, d'énergie et de coopération régionale, aux côtés de la réforme des marchés de capitaux. Le président ouzbek Chavkat Mirzioïev a souligné que la politique d'investissement du pays vise à obtenir bien plus qu'un simple afflux de capitaux étrangers, en déclarant : « Pour nous, l'investissement est bien plus qu'une source de capital. C'est un catalyseur de technologies de pointe, de savoirs et de compétences modernes, d'emplois nouveaux et d'un développement en phase avec les exigences d'un monde en mutation rapide ».

Exportations numériques, énergie et ressources

L'Ouzbékistan cherche à transformer cette croissance plus rapide et ces connexions renforcées en exportations et en industries à plus forte valeur ajoutée. Le ministre des Technologies numériques, Sherzod Shermatov, a indiqué que les exportations annuelles de services informatiques sont passées de moins d'un million de dollars (871 200 euros) en 2017 à 1 milliard de dollars (872 millions d'euros) l'an dernier.

Le gouvernement prévoit également de porter la part des énergies vertes à 54 % de la production d'électricité et d'attirer des investissements dans les réseaux, le stockage, l'intelligence artificielle et les centres de données. Le gouvernement ouzbek estime à 3 000 milliards de dollars (2 620 milliards d'euros) la valeur des ressources minérales du pays, notamment en or, cuivre, uranium et autres matériaux stratégiques.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes concernent le financement et la mise en œuvre des projets signés lors du forum. Les investisseurs étrangers disposent d'un canal formel pour proposer des changements de politique, et le gouvernement a affirmé que 120 nouvelles recommandations couvrant la banque, l'énergie, l'intelligence artificielle, les marchés de capitaux et la gouvernance d'entreprise seront intégrées dans une feuille de route de réformes officielle.

La mise en œuvre de ces recommandations sera suivie de près, avec des rapports de progrès adressés directement au président Chavkat Mirzioïev. Il reste à voir comment ces réformes et investissements contribueront à la croissance économique de l'Ouzbékistan et à son intégration dans l'économie mondiale.

En conclusion, le Forum international de l'investissement de Tachkent a marqué une étape importante dans les efforts de l'Ouzbékistan pour attirer les investissements étrangers et promouvoir sa croissance économique. Les défis à relever sont considérables, mais les opportunités offertes par ce pays en pleine mutation sont également significatives.