Avec la sortie du deuxième tome de la bande dessinée « Le Génie de Beyrouth », les lecteurs retrouvent Youssef, le héros du premier volume, de retour dans la capitale libanaise. Une ville qu’il avait quittée en 1975, au début de la guerre civile, comme le rapporte Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Le deuxième tome de « Le Génie de Beyrouth » met en scène le retour de Youssef dans la capitale libanaise
- Youssef avait quitté Beyrouth en 1975, au déclenchement de la guerre civile
- L’histoire se déroule sept ans après son départ, soit en 1982
- La bande dessinée est signée Sélim Nassib au scénario et Léna Merhej au dessin
- L’œuvre explore les transformations de Beyrouth entre 1975 et 1982
Un récit qui mêle fiction et mémoire historique
Dans ce deuxième volet, Youssef, personnage central de la série, fait son retour à Beyrouth après avoir quitté la ville au début du conflit. Libération souligne que cette bande dessinée ne se contente pas de raconter une histoire personnelle, mais restitue aussi les bouleversements subis par la capitale libanaise durant cette période trouble. Les auteurs, Sélim Nassib et Léna Merhej, s’appuient sur des éléments historiques pour ancrer leur récit dans une réalité documentée.
« Le Génie de Beyrouth » s’inscrit dans une démarche où la fiction dialogue avec l’histoire. Les deux créateurs ont choisi de représenter Beyrouth non pas comme une ville figée, mais comme un espace en perpétuelle mutation, marqué par la guerre et les reconstructions successives. Leur travail met en lumière les contrastes d’une ville à la fois mythifiée et profondément meurtrie.
Un héros confronté à une ville méconnaissable
Pour Youssef, ce retour est une épreuve. La Beyrouth de 1982 n’a plus grand-chose à voir avec celle de 1975, celle de son enfance et de sa jeunesse. Libération indique que le personnage incarne une forme de résilience, face à une ville où les repères ont disparu et où les cicatrices de la guerre sont visibles. Son parcours illustre les difficultés de ceux qui, comme lui, ont été contraints de fuir avant de tenter un retour.
Les auteurs ont choisi de ne pas édulcorer la réalité. Beyrouth, dans la bande dessinée, est à la fois un personnage et un décor, un lieu où se croisent espoirs et désillusions. Le dessin de Léna Merhej, précis et évocateur, renforce cette impression de ville vivante, malgré le chaos ambiant. « La ville est un personnage à part entière », a déclaré Sélim Nassib à Libération.
Une œuvre qui interroge la mémoire et l’identité libanaise
Au-delà de l’intrigue personnelle de Youssef, « Le Génie de Beyrouth » questionne la mémoire collective des Libanais. Comment une ville survit-elle à la guerre ? Comment ses habitants reconstruisent-ils leur identité après des années de divisions ? Ces thèmes, au cœur de la série, résonnent particulièrement dans le Liban d’aujourd’hui, toujours marqué par les séquelles du conflit. Selon Libération, l’œuvre s’adresse autant aux Libanais qu’à un public international, offrant un regard à la fois intime et universel sur la résilience humaine.
La bande dessinée a également été saluée pour sa capacité à aborder des sujets sensibles sans tomber dans le pathos. Les auteurs évitent les clichés du « drame qui bouleverse » pour privilégier une narration sobre et respectueuse des faits. Leur approche repose sur un équilibre entre émotion et précision historique, un parti pris qui semble avoir séduit les lecteurs et la critique.
En attendant, la série continue de susciter l’intérêt des amateurs de bandes dessinées historiques et des lecteurs en quête de récits mêlant mémoire et fiction. Une chose est sûre : « Le Génie de Beyrouth » a déjà trouvé sa place dans le paysage des œuvres qui osent regarder le passé en face, sans concession mais avec humanité.
Sélim Nassib est un scénariste franco-libanais, connu pour ses travaux sur la mémoire et l’histoire du Liban. Léna Merhej, quant à elle, est une dessinatrice et illustratrice libanaise, dont le style visuel a été salué pour sa capacité à capturer l’essence des lieux et des émotions. Ensemble, ils forment un duo créatif qui a déjà marqué le monde de la bande dessinée avec « Le Génie de Beyrouth ».