Le Japon, longtemps réputé pour sa tolérance envers les cyclistes, a récemment opéré un tournant majeur en matière de sécurité routière. Selon BFM Business, le pays a mis en place un système de réglementation stricte et des amendes pour de nombreuses infractions, au nom de la sécurité routière, malgré les critiques d'une partie de la population.

Le Japon, qui compte environ 8 millions de cyclistes pour leurs trajets quotidiens, faisait partie intégrante du paysage urbain sans nécessiter de permis ni susciter de forte réprobation sociale. Cependant, cette ère de laissez-faire a pris fin avec l'entrée en vigueur, le 1er avril, d'un amendement à la loi sur la circulation datant de 1960.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Japon a mis en place un système de réglementation stricte et des amendes pour de nombreuses infractions de sécurité routière.
  • Les cyclistes sont passibles d'amendes allant de 3.000 yens (environ 20 euros) à 12.000 yens (environ 75 euros) pour des infractions telles que l'utilisation d'un smartphone en roulant, le grillement d'un feu rouge ou le non-respect de la circulation à droite.
  • Le Japon compte environ 8 millions de cyclistes pour leurs trajets quotidiens.

Le système du 'ticket bleu' permet d'infliger des amendes immédiates pour des infractions mineures afin d'éviter des poursuites pénales. Les infractions sanctionnées figurent désormais dans le code de la route, y compris le port d'écouteurs, la circulation à contresens ou sur le trottoir, et le transport de charges mal équilibrées.

Les infractions sanctionnées

Le Japon a élargi la liste des infractions sanctionnées pour les cyclistes. Parmi les nouvelles règles, on trouve désormais l'obligation pour les cyclistes de circuler sur la chaussée plutôt que sur les trottoirs, à l'exception des enfants et des personnes âgées.

Les cyclistes peuvent être passibles d'amendes pour des infractions telles que l'utilisation d'un smartphone en roulant (12.000 yens, environ 75 euros), le grillement d'un feu rouge (6.000 yens, environ 40 euros), le non-respect de la circulation à droite (5.000 yens, environ 30 euros), le port d'écouteurs (5.000 yens, environ 30 euros), la circulation à contresens ou sur le trottoir (5.000 yens, environ 30 euros), et le transport de charges mal équilibrées (5.000 yens, environ 30 euros).

La réforme de sécurité routière

La réforme de sécurité routière du Japon vise à réduire le nombre d'accidents impliquant des vélos. Selon les données de la police japonaise, les cyclistes sont responsables dans près de 75% des accidents lorsqu'un vélo est impliqué.

Le nombre total d'accidents impliquant des vélos a diminué sur le long terme, tombant sous les 70.000 cas. Cependant, les collisions entre vélos et piétons ont augmenté, notamment en raison du partage des trottoirs et du vieillissement de la population.

Les réactions des cyclistes

Les cyclistes japonais ont réagi avec scepticisme à la nouvelle réglementation. Beaucoup y voient une rupture brutale avec les habitudes ancrées depuis des décennies.

'Je fais du vélo depuis que je suis enfant et j'ai été arrêté pour la première fois aujourd'hui', a déclaré Teranishi, un coiffeur de 61 ans qui a été arrêté par la police sur le chemin de son salon dans le quartier de Shibuya à Tokyo pour avoir tenu un parapluie en faisant du vélo dans la bruine.

Et maintenant ?

La nouvelle réglementation du Japon pour les cyclistes devrait être suivie de près par les autorités routières de l'hexagone. Il est à espérer que les infractions sanctionnées et les amendes imposées serviront à améliorer la sécurité routière et à réduire le nombre d'accidents impliquant des vélos.

Il faudra attendre les prochaines données statistiques pour savoir si la nouvelle réglementation a un impact positif sur la sécurité routière au Japon.

En attendant, les cyclistes japonais devront s'adapter aux nouvelles règles et réglementations pour éviter les amendes et les poursuites.