Le maire new-yorkais Zohran Mamdani a saisi l’occasion d’une rencontre avec le roi Charles III à New York pour aborder un sujet sensible : la restitution du diamant Koh-i-Noor, joyau de la couronne britannique. Selon Le Figaro, M. Mamdani a appelé mercredi le souverain à rendre cette pierre précieuse de 105,6 carats, obtenue par l’Empire britannique au XIXe siècle et actuellement exposée à la Tour de Londres.
Ce qu'il faut retenir
- Le diamant Koh-i-Noor (105,6 carats) est actuellement exposé à la Tour de Londres, joyau de la couronne britannique.
- Il a été cédé en 1849 par le royaume du Pendjab à la Compagnie britannique des Indes orientales après la guerre anglo-sikh.
- New Delhi réclame son retour à plusieurs reprises, sans succès, tandis que plusieurs pays comme l’Afghanistan, l’Iran ou le Pakistan en revendiquent la propriété.
- Zohran Mamdani, maire de New York, a interpellé le roi Charles III sur ce sujet lors d’une visite à New York.
- Le débat sur la restitution divise au Royaume-Uni, où la reine Camilla avait choisi de ne pas porter le diamant lors de son couronnement en 2023.
- Zia Yusuf, porte-parole du parti Reform UK, a qualifié les propos de Mamdani d’« insulte à notre Roi ».
Un joyau au cœur d’un contentieux historique
Le diamant Koh-i-Noor, dont le nom signifie « montagne de lumière » en persan, incarne un héritage colonial contesté. Selon Le Figaro, cette pierre précieuse de 105,6 carats a été extraite en Inde, mais son histoire reste marquée par des revendications concurrentes. L’Inde, l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan en revendiquent la propriété, alimentant un débat complexe sur la légitimité de sa détention par le Royaume-Uni. La couronne britannique, qui l’expose à la Tour de Londres, n’a jamais cédé aux demandes de restitution formulées par New Delhi depuis l’indépendance du pays en 1947.
La cession du Koh-i-Noor à l’Empire britannique remonte à 1849, à la suite du traité de paix imposé au royaume du Pendjab après la guerre anglo-sikh. Ce traité stipulait la remise de la pierre précieuse à la Compagnie britannique des Indes orientales, marquant le début d’un contentieux diplomatique toujours d’actualité. Pour les autorités indiennes, le diamant représente un symbole des spoliations coloniales et un patrimoine culturel injustement détenu.
Zohran Mamdani interpelle Charles III : une initiative symbolique ou politique ?
Zohran Mamdani, élu démocrate d’origine indienne et maire de New York depuis janvier 2026, a choisi de porter ce dossier lors d’une visite protocolaire aux côtés du roi Charles III. Interrogé avant leur rencontre au mémorial du 11-Septembre, il a déclaré, selon Le Figaro : « Si je devais parler au roi d’autre chose que de ça, je l’encouragerais probablement à rendre le diamant Koh-i-Noor ». Cette prise de position publique soulève plusieurs questions : s’agit-il d’une initiative personnelle ou d’un signal politique en faveur des revendications postcoloniales ?
Pour l’heure, on ignore si le sujet a été abordé directement entre les deux hommes lors de leur échange. Mamdani, figure montante du progressisme américain, a souvent défendu des causes liées à la justice sociale et à la décolonisation. Son intervention intervient dans un contexte où le Royaume-Uni est confronté à des demandes croissantes de restitution d’objets culturels issus de son empire colonial, comme les marbres du Parthénon ou les bronzes du Bénin.
Un débat qui divise l’opinion britannique
La question de la restitution du Koh-i-Noor divise profondément l’opinion publique britannique. Selon Le Figaro, la reine Camilla avait pris soin de ne pas porter le diamant lors de son couronnement en mai 2023, une décision interprétée comme un geste de prudence face aux tensions entourant ce joyau. Le débat est si sensible que des voix politiques s’y opposent farouchement. Zia Yusuf, porte-parole du parti Reform UK – formation d’extrême droite en tête des sondages au Royaume-Uni –, a réagi vivement aux propos de Mamdani. Il les a qualifiés d’« insulte à notre Roi », illustrant l’ampleur des clivages sur cette question.
Côté indien, la revendication est portée depuis des décennies par les autorités politiques et les associations de la société civile. Le gouvernement de New Delhi a multiplié les démarches diplomatiques, sans obtenir gain de cause. Pour ses partisans, le retour du Koh-i-Noor ne serait pas seulement un acte de réparation historique, mais aussi une reconnaissance du pillage culturel orchestré par le colonialisme britannique. À l’inverse, les défenseurs de la détention britannique invoquent le traité de 1849 et l’absence de preuve formelle de spoliation, rappelant que la pierre a changé de mains à plusieurs reprises avant d’arriver dans les collections royales.
Le Koh-i-Noor, un symbole des contentieux postcoloniaux
Le diamant Koh-i-Noor incarne plus largement les tensions liées aux restitutions d’objets culturels issus de la colonisation. Plusieurs pays ont récemment obtenu le retour d’œuvres ou d’artefacts réclamés depuis des décennies. En France, la loi de 2020 sur le patrimoine a ouvert la voie à des restitutions, comme celles des statues royales du Bénin ou des manuscrits malgaches. Au Royaume-Uni, le musée du Victoria and Albert à Londres a restitué en 2022 des objets sacrés aborigènes à l’Australie, marquant un tournant dans la politique des musées britanniques.
Pour le Koh-i-Noor, les obstacles restent nombreux. Outre les questions juridiques liées à la prescription des demandes, le joyau fait partie des insignes royaux britanniques, ce qui complique toute restitution. Pourtant, la pression internationale s’accentue. L’Inde, qui a réitéré ses demandes en 2020 et 2024, pourrait relancer sa campagne diplomatique dans les mois à venir. — Autant dire que la question n’est pas près de s’éteindre.
En attendant, le débat sur le Koh-i-Noor continue de diviser, entre mémoire coloniale, revendications identitaires et enjeux diplomatiques. Une chose est sûre : la question n’est pas qu’un simple différend juridique. Elle touche aux fondements mêmes des relations entre l’Occident et les anciennes colonies, et pourrait bien resurgir lors des prochains sommets internationaux.
L’Inde considère que le diamant a été obtenu de manière illégitime par la Compagnie britannique des Indes orientales en 1849, après la guerre anglo-sikh. Pour New Delhi, il s’agit d’un symbole des spoliations coloniales et d’un patrimoine culturel injustement détenu par le Royaume-Uni.
Outre l’Inde, l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan revendiquent la propriété du diamant, chacun invoquant des arguments historiques et culturels pour justifier leur demande.