Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabè et président de la Confédération des États du Sahel (AES), a reçu ce 25 mai 2026 à Ouagadougou le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Lansana Kouyaté, afin de plaider pour un rapprochement entre l’Alliance des États du Sahel et la Cédéao. Selon RFI, cette rencontre s’inscrit dans une volonté de renforcer la coopération régionale, malgré les tensions persistantes entre les deux blocs.

Ce qu'il faut retenir

  • Lansana Kouyaté, médiateur de la Cédéao, a rencontré le capitaine Ibrahim Traoré à Ouagadougou le 25 mai 2026.
  • L’entretien visait à promouvoir une coopération renforcée entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Cédéao.
  • Kouyaté a insisté sur l’importance du bien-être des populations dans ce processus de dialogue.
  • Le capitaine Traoré préside à la fois le Burkina Faso et la Confédération des États du Sahel (AES).
  • Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’AES et la Cédéao.

Une rencontre diplomatique sous haute tension

Selon RFI, la visite de Lansana Kouyaté à Ouagadougou s’est déroulée dans un climat marqué par les divergences entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Cédéao. Depuis la création de l’AES en 2023 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, les relations avec la Cédéao se sont fortement dégradées, notamment en raison des sanctions imposées par cette dernière à ses membres.

Pourtant, le médiateur de la Cédéao a choisi de miser sur le dialogue, comme il l’a rappelé lors de cette entrevue : « Nous devons œuvrer ensemble pour le bien-être de nos populations, malgré les différences politiques. » Une déclaration qui tranche avec les positions parfois radicales des gouvernements de l’AES, qui ont quitté la Cédéao en 2024.

L’AES et la Cédéao : deux visions opposées de l’intégration régionale

L’Alliance des États du Sahel (AES), fondée en septembre 2023, représente une alternative à la Cédéao pour ses trois membres. Leur départ a été motivé par des désaccords profonds sur la gouvernance régionale et les sanctions économiques imposées par la Cédéao, notamment au Mali et au Burkina Faso après les coups d’État militaires de 2020 et 2022.

Côté Cédéao, la médiation de Lansana Kouyaté cherche à éviter une rupture définitive. Ancien Premier ministre guinéen, il connaît bien les enjeux politiques africains et a déjà joué un rôle dans des crises similaires. « La coopération est nécessaire, car les défis sécuritaires et économiques ne connaissent pas de frontières », a-t-il souligné lors de sa rencontre avec le capitaine Traoré.

Un contexte sécuritaire et économique tendu

La région du Sahel fait face à une insécurité croissante, avec une multiplication des attaques terroristes et une crise alimentaire persistante. Pour les dirigeants de l’AES, l’intégration régionale est perçue comme un moyen de mieux répondre à ces défis, sans dépendre des décisions de la Cédéao. À l’inverse, la Cédéao insiste sur l’importance de la stabilité politique pour attirer les investissements internationaux.

Cette divergence d’approches a conduit à une impasse diplomatique depuis 2024. Pourtant, les deux blocs partagent des objectifs communs, comme la lutte contre le terrorisme ou la promotion du commerce intrarégional. La visite de Kouyaté à Ouagadougou pourrait donc être une première étape vers une réconciliation progressive.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour évaluer si cette rencontre débouchera sur des avancées concrètes. Selon RFI, une délégation de la Cédéao pourrait se rendre prochainement à Niamey et Bamako pour des discussions similaires avec les autres membres de l’AES. La question reste de savoir si les gouvernements de l’Alliance accepteront de lever certaines de leurs réserves, notamment sur la levée des sanctions imposées par la Cédéao.

Quoi qu’il en soit, cette initiative rappelle que, malgré les tensions, les pays de la région ont tout intérêt à trouver des solutions communes. Comme le résumait un observateur africain cité par RFI : « Le Sahel n’a pas les moyens de se permettre une guerre froide entre ses institutions. »

L’Alliance des États du Sahel (AES) a quitté la Cédéao en 2024 en raison de désaccords profonds sur la gouvernance régionale et les sanctions économiques imposées par cette dernière, notamment après les coups d’État militaires au Mali (2020), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023).