Le moral des ménages français a connu une nouvelle baisse en mai 2026, atteignant son niveau le plus faible depuis mars 2023. C’est ce que révèle l’indicateur de confiance des ménages publié ce mercredi 27 mai par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), comme le rapporte Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • L’indicateur de confiance des ménages s’est dégradé en mai 2026, tombant à son niveau le plus bas depuis mars 2023.
  • La situation économique actuelle et les tensions géopolitiques persistantes, notamment liées à la guerre au Moyen-Orient, sont pointées du doigt.
  • Cette baisse intervient après plusieurs mois de dégradation progressive du moral des Français.

Un indicateur en chute libre depuis le début de l’année

L’Insee mesure chaque mois l’indicateur de confiance des ménages, qui reflète leur perception de la situation économique et de leur propre situation financière. Selon les dernières données, cet indicateur a reculé de 2 points en mai 2026 par rapport au mois précédent, confirmant une tendance à la baisse amorcée en début d’année. « Cette baisse s’inscrit dans un contexte de dégradation continue des perspectives économiques », a précisé un porte-parole de l’institut.

Les ménages expriment une inquiétude croissante face à l’inflation persistante et à la hausse des prix de l’énergie, qui pèsent sur leur pouvoir d’achat. Les dépenses contraintes, comme le logement ou les transports, restent élevées, limitant leur capacité à épargner ou à consommer librement. « Les Français se sentent moins optimistes quant à leur situation financière personnelle », a souligné l’Insee.

Les tensions géopolitiques aggravent la morosité ambiante

Outre la situation économique, les tensions géopolitiques, en particulier celles liées au conflit au Moyen-Orient, contribuent à alimenter un climat d’incertitude. Ces événements internationaux, souvent relayés par les médias, renforcent le sentiment d’insécurité économique parmi les ménages. « Les ménages perçoivent ces tensions comme un risque supplémentaire pour la stabilité des prix et la croissance », a indiqué un économiste interrogé par Ouest France.

Les analystes soulignent que cette combinaison de facteurs – économique et géopolitique – crée un effet de « défiance durable », où les ménages adoptent une attitude plus prudente dans leurs dépenses et leurs projets. Les prévisions de consommation pour les prochains mois restent donc prudentes, selon les économistes.

Comparaison avec les années précédentes

Pour retrouver un niveau de confiance aussi bas qu’en mai 2026, il faut remonter à mars 2023, période marquée par une crise économique post-Covid et une inflation élevée. Depuis, l’indicateur avait connu des fluctuations, avec une légère amélioration en 2024, avant de repartir à la baisse en 2025 et 2026. « La dynamique actuelle rappelle celle observée il y a trois ans, mais avec une persistance de l’inflation et des tensions géopolitiques », a rappelé l’Insee.

Cette situation contraste avec les années 2020-2021, où la confiance des ménages avait été soutenue par les mesures de relance économique et la reprise post-pandémie. Aujourd’hui, les ménages semblent moins enclins à croire en une amélioration rapide de leur situation.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si cette tendance au pessimisme se poursuit ou si, au contraire, une stabilisation est possible. Plusieurs indicateurs, comme l’évolution des prix à la consommation ou les annonces gouvernementales en matière de pouvoir d’achat, pourraient influencer la confiance des ménages d’ici l’été. Les économistes s’attendent à une publication des prochains chiffres de l’Insee pour juin 2026, qui pourrait confirmer ou infirmer cette tendance.

Dans l’attente, les autorités appellent à la vigilance, tout en rappelant que les politiques économiques en cours devraient, à terme, permettre de restaurer un climat de confiance. Reste à savoir si cette amélioration sera perceptible avant la fin de l’année.

L’indicateur de confiance des ménages repose sur une enquête mensuelle menée auprès d’un échantillon représentatif de la population. Les questions portent sur la situation économique actuelle et future, le niveau de vie, l’épargne et la capacité à épargner. Les réponses sont ensuite agrégées pour obtenir un indice synthétique, qui varie entre 0 et 200. Un indice supérieur à 100 reflète un climat de confiance, tandis qu’un indice inférieur indique un pessimisme généralisé.