Le souverain pontife américain a présenté, ce lundi 25 mai au Vatican, sa première encyclique intitulée « Magnifica humanitas » (« Magnifique humanité »), un texte dans lequel il alerte sur les risques liés à l’intelligence artificielle et dénonce un « paradigme technocratique » porteur de nouvelles formes d’asservissement.
Selon Libération, Léon XIV, premier pape originaire des États-Unis, y appelle à une régulation stricte des technologies d’IA afin d’éviter leur utilisation à des fins de domination ou d’exploitation. Dans ce document de 120 pages, le souverain pontife souligne que ces outils, s’ils ne sont pas encadrés, pourraient aggraver les inégalités sociales et favoriser de nouveaux esclavages, notamment économiques et numériques.
Ce qu'il faut retenir
- Première encyclique de Léon XIV, publiée le 25 mai 2026 au Vatican, intitulée « Magnifica humanitas ».
- L’encyclique met en garde contre les dangers de l’intelligence artificielle et son potentiel à renforcer les inégalités.
- Le pape dénonce un « paradigme technocratique » qu’il juge responsable de nouvelles formes d’asservissement.
- Il appelle à une régulation forte des technologies d’IA pour en encadrer les usages.
- Le texte, d’une longueur de 120 pages, est le premier publié par ce pontife américain.
Une encyclique centrée sur les dérives de la technologie
Dans « Magnifica humanitas », Léon XIV ne se contente pas de critiquer l’IA : il en analyse les conséquences potentielles sur les sociétés humaines. D’après Libération, le pape s’inquiète particulièrement des risques de concentration du pouvoir entre les mains d’une élite technologique, capable d’imposer ses choix à l’ensemble de la population. « Les algorithmes ne doivent pas devenir les nouveaux maîtres du monde », a-t-il déclaré lors de la présentation du document, ajoutant que leur usage à des fins de surveillance ou de manipulation représenterait une menace pour la dignité humaine.
Le souverain pontife aborde également la question de l’emploi, soulignant que l’automatisation croissante pourrait précariser des millions de travailleurs. « On parle souvent de progrès, mais on oublie que le progrès ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles », a-t-il précisé. Le texte insiste sur la nécessité de repenser le modèle économique pour éviter que l’IA ne creuse davantage les écarts entre riches et pauvres.
Le « paradigme technocratique », une idéologie à combattre
Parmi les concepts clés de l’encyclique, celui de « paradigme technocratique » revient à plusieurs reprises. Selon Léon XIV, cette idéologie, qui place la technologie au-dessus des valeurs humaines, menace de déshumaniser la société. « Quand la machine devient une fin en soi, l’humanité perd son âme », écrit-il dans le document. Il cite en exemple les géants du numérique, dont les modèles économiques reposent souvent sur l’exploitation des données personnelles et la prédation des ressources.
Le pape appelle donc les États et les institutions internationales à prendre leurs responsabilités. « La régulation ne peut plus être l’apanage des lobbies ou des géants de la tech », a-t-il souligné. Il propose notamment la création d’un cadre juridique contraignant, inspiré des principes éthiques défendus par l’Église, pour encadrer le développement et l’usage de l’IA.
Reste à voir comment les acteurs politiques et économiques réagiront à ce texte. Une chose est sûre : l’encyclique de Léon XIV vient nourrir le débat public sur les limites à donner à l’innovation, à l’heure où l’IA s’immisce dans tous les aspects de la vie quotidienne.
Le « paradigme technocratique » désigne une idéologie qui place la technologie et les outils numériques au-dessus des valeurs humaines. Selon Léon XIV, cette approche risque de déshumaniser la société en faisant primer les intérêts des machines ou des algorithmes sur ceux des individus, notamment en favorisant l’exploitation économique et la surveillance de masse.