Selon Euronews FR, le Parlement hongrois doit se prononcer ce lundi 13 juillet sur la 17e modification de la Constitution, qui pourrait notamment mettre fin au mandat présidentiel de Tamás Sulyok. Le Premier ministre Péter Magyar a averti le chef de l'État que, s'il ne signe pas la modification dans le délai de cinq jours, une procédure de destitution pourra être engagée contre lui.
La conduite de cette procédure relèvera de la Cour constitutionnelle. Une fois la procédure de destitution engagée, le président de la République ne pourra plus exercer ses prérogatives, qui seront temporairement transférées au président du Parlement. Ágnes Forsthoffer devrait alors signer sans difficulté la modification mettant fin au mandat du chef de l'État.
Ce qu'il faut retenir
- Le Parlement hongrois doit se prononcer sur la 17e modification de la Constitution.
- La modification pourrait mettre fin au mandat présidentiel de Tamás Sulyok.
- Le Premier ministre Péter Magyar a averti le chef de l'État que, s'il ne signe pas la modification, une procédure de destitution pourra être engagée contre lui.
Contexte
Le Parti Tisza, largement vainqueur des élections législatives d'avril, avait déjà annoncé pendant la campagne que Tamás Sulyok ne pouvait rester en fonction, le considérant comme une « marionnette du gouvernement Orbán ». Péter Magyar a à plusieurs reprises appelé le chef de l'État à démissionner, mais, cela n'ayant pas eu lieu, le parti au pouvoir tente désormais de le pousser vers la sortie en modifiant la Loi fondamentale.
La présidence n'a pas commenté le projet concret, mais a rappelé la nécessité de respecter le principe de l'État de droit et mis en garde contre « l'exercice arbitraire du pouvoir public ». Tamás Sulyok a déjà exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations constitutionnelles face aux initiatives visant à le démettre et a sollicité l'appui de la Cour constitutionnelle ainsi que de la Commission de Venise.
Reactions
Le Fidesz, désormais dans l'opposition, a organisé une manifestation contre la modification de la Constitution. Le projet ne suscite toutefois pas que des critiques de la classe politique : Amnesty International Hongrie, entre autres, le conteste également. L'organisation ne remet pas en cause l'objectif en soi, mais estime que la solution retenue est mauvaise car elle « fait abstraction du droit de Tamás Sulyok à une procédure équitable et ne permet sa destitution que dans le cadre de garanties légales appropriées ».
Pour Péter Magyar, l'objectif est d'élire un nouveau président de la République le plus rapidement possible, idéalement d'ici à l'anniversaire de la fondation de l'État, le 20 août.
En tout état de cause, la situation politique en Hongrie reste tendue et les développements futurs seront attentivement suivis.