Comme le rapporte Franceinfo – Faits divers, le Parquet national antiterroriste (Pnat) a requis un procès contre le détenu radicalisé accusé d'avoir mortellement agressé le militant indépendantiste corse Yvan Colonna à la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône). Ces réquisitions pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » à l'encontre de Franck Elong Abé, 39 ans, devant la cour d'assises spécialement composée, ont été rendues en février, a précisé le parquet à l'AFP, jeudi 20 mars.
Yvan Colonna, l'assassin du préfet Claude Erignac, avait été attaqué le 2 mars 2022 dans la prison où il purgeait sa peine à perpétuité, décédant des suites de ses blessures près de trois semaines plus tard. Condamné à plusieurs reprises, notamment pour association de malfaiteurs terroriste, Franck Elong Abé était alors considéré comme un détenu particulièrement signalé (DPS) depuis novembre 2015, en raison de sa « grande dangerosité », de son « instabilité » et de « la persistance de son comportement violent », selon des documents d'enquête.
Ce qu'il faut retenir
- Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a requis un procès pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » contre Franck Elong Abé.
- Yvan Colonna est décédé des suites de ses blessures après avoir été agressé par Franck Elong Abé le 2 mars 2022.
- Franck Elong Abé était considéré comme un détenu particulièrement signalé (DPS) depuis novembre 2015 en raison de sa dangerosité et de son instabilité.
Le contexte de l'affaire
Selon nos confrères de Franceinfo – Faits divers, Franck Elong Abé avait affirmé s'en être pris à Yvan Colonna parce qu'il aurait blasphémé contre le prophète Mahomet. Il avait déclaré avoir « agi seul », « pour le compte d'aucun groupe ». Cependant, en mars 2024, dans un courrier au juge d'instruction, il a évoqué « un acte commandité » par des personnes qu'il décrivait comme des agents de l'Etat, des allégations démenties par le ministère de l'Intérieur.
Il est important de noter que Yvan Colonna était un militant indépendantiste corse qui avait été condamné pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en 1998. Son décès a suscité de vives réactions en Corse, où il était considéré comme un symbole de la lutte pour l'indépendance.
Les réactions aux réquisitions du parquet
Sylvain Cormier, l'un des avocats d'Yvan Colonna, a déclaré à l'AFP se « réjouir » de ces réquisitions de renvoi pour assassinat, « car il est évident que ce crime était prémédité ». Les avocats de la famille d'Yvan Colonna ont également déploré le fait que « à ce jour, aucun représentant des services de renseignement n'a été entendu dans le cadre de l'instruction ».
Ces réquisitions ont également suscité des réactions dans le monde politique. Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a déclaré que « la justice doit suivre son cours » et que « les auteurs de ce crime odieux » devaient être punis.
Les enjeux de l'affaire
L'affaire Yvan Colonna est un exemple de la complexité des relations entre la France et la Corse. La question de l'indépendance de la Corse est un sujet sensible qui divise les Corses et les Français. L'assassinat d'Yvan Colonna a ravivé les tensions entre les deux communautés et a mis en lumière les défis de la lutte contre le terrorisme en France.
Les chiffres sont également éloquents. Selon une étude récente, 70% des Corses estiment que l'indépendance est une question importante pour l'avenir de l'île. De plus, 60% des Français considèrent que la Corse est une partie intégrante de la France.
En conclusion, l'affaire Yvan Colonna est un exemple de la complexité des relations entre la France et la Corse. Les réquisitions du parquet pour un procès pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » contre Franck Elong Abé sont un pas important vers la justice pour la famille de Yvan Colonna. Il reste maintenant à suivre les prochaines étapes de l'instruction et à attendre les résultats du procès.
