Selon Ouest France, la prévention du VIH reste un défi de santé publique majeur, malgré les avancées médicales et les efforts de sensibilisation. La semaine nationale de la santé sexuelle, qui débute le 1er juin 2026, offre l'occasion de réévaluer les stratégies de prévention et de traitement, notamment en ce qui concerne la prophylaxie pré-exposition (PrEP) contre le VIH.

La PrEP, destinée aux personnes séronégatives, consiste en la prise d'antirétroviraux pour prévenir une infection par le VIH lors de rapports sexuels sans préservatif. Disponible en France depuis 2016, cette option thérapeutique est intégralement prise en charge par l'Assurance maladie. Cependant, selon le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), son recours « reste insuffisant ».

Ce qu'il faut retenir

  • La PrEP est disponible en France depuis 2016 et est prise en charge par l'Assurance maladie.
  • Le recours à la PrEP est insuffisant, notamment chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et d'autres populations exposées.
  • Le CNS appelle à changer le regard sur la PrEP et à la rendre plus accessible à toutes les personnes susceptibles d'en bénéficier.

La situation actuelle

Près de la moitié des HSH pour lesquels la PrEP serait indiquée ne l'utilisent pas, notamment les plus jeunes. D'autres populations très exposées, telles que les migrantes d'Afrique subsaharienne, les HSH migrants, les travailleurs et travailleuses du sexe, les personnes trans, en situation de précarité ou éloignées des grands centres urbains, méconnaissent souvent la PrEP ou l'utilisent très peu.

Ceci est d'autant plus préoccupant que la PrEP demeure perçue de façon restrictive et négative, souvent considérée comme un outil principalement destiné aux « gays » et réservé aux personnes très exposées qui « échoueraient » à utiliser les autres moyens de prévention. Le CNS souligne donc la nécessité d'une mobilisation de tous les professionnels de santé et d'une communication inclusive et positive sur la PrEP, à destination à la fois des professionnels de santé et du grand public.

Les avancées récentes

L'arrivée de PrEP injectables à longue durée d'action, comme le cabotégravir (commercialisé sous le nom Apretude par ViiV Healthcare), est susceptible de lever certains freins propres à la PrEP orale, plus contraignante. Ces nouveaux traitements ont montré une efficacité particulièrement élevée chez les femmes et pourraient ainsi contribuer à améliorer l'accès à la prévention pour des populations diverses.

Le CNS appelle les pouvoirs publics à garantir un accès réel et équitable à la PrEP, ce qui suppose d'aller vers l'ensemble des personnes susceptibles d'en bénéficier, et à en faire un outil de première ligne dans la palette de prévention. Avant la prochaine feuille de route sur la stratégie nationale de santé sexuelle, il est crucial de réévaluer les stratégies de prévention et de prendre des mesures pour améliorer l'accès à la PrEP.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines et mois seront cruciaux pour évaluer les progrès réalisés dans l'amélioration de l'accès à la PrEP et la réduction des inégalités dans la prévention du VIH. Il est essentiel que les pouvoirs publics, les professionnels de santé et les associations de patients travaillent ensemble pour garantir que la PrEP soit proposée à toutes les personnes qui en ont besoin, sans distinction.

En conclusion, la lutte contre le VIH nécessite une approche globale et inclusive, impliquant non seulement les traitements préventifs comme la PrEP, mais également des stratégies de sensibilisation, d'éducation et de réduction des stigma et des inégalités. La semaine nationale de la santé sexuelle offre une occasion de renouveler l'engagement en faveur de la santé sexuelle et reproductive pour tous, et de poursuivre les efforts pour vaincre le VIH.